Le président français Emmanuel Macron reçoit le président des Émirats arabes unis, Mohammed Bin Zayed Al Nahyane, au palais de l’Élysée à Paris le 18 juillet 2022. LUDOVIC MARIN / AFP
Le dîner au Grand Trianon, dans le parc du château de Versailles, a été le point culminant de la visite d’État du président des Émirats arabes unis (EAU), Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, en France. C’est là qu’Emmanuel Macron a accueilli son invité, au terme d’une journée passée à un rythme effréné dans un Paris touché par la chaleur, ce lundi 18 juillet. Pour l’occasion, des tables rondes avaient été installées sous l’abri du péristyle, la galerie à colonnades située entre les deux ailes de ce palais de marbre rose, qui permet de passer de la cour au jardin. A l’heure où le soleil disparaissait derrière les arbres du domaine, révélant une apparence de fraîcheur, plus d’une centaine d’invités du monde économique, culturel et scientifique étaient réunis, signe de la densité des échanges entre les deux pays.
Il s’agissait de la première visite en France du président des Emirats depuis qu’il a succédé à son demi-frère, Khalifa Bin Zayed Al Nahyane, mi-mai. Auparavant, Emmanuel Macron avait déjà multiplié les honneurs d’apparat pour souligner la proximité qu’il revendique avec son homologue, déjà reçu en septembre 2021, au château de Fontainebleau. Outre un entretien individuel à l’Elysée, après le déjeuner, il a remis à Mohammed Ben Zayed Al Nahyane les insignes de la Grand-Croix de l’Ordre national de la Légion d’honneur. Il lui a également donné une édition de 1535 de la carte de la péninsule arabique et du golfe, représentée par le géographe allemand Lorenz Fries. Une sorte de clin d’œil géopolitique.
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Des échanges intensifiés
Les échanges entre Paris et Abou Dhabi, qui ont commencé dans les années 1970, lorsque la position relativement équilibrée de la France sur la question israélo-palestinienne la rendait attractive aux yeux des monarques du Golfe, se sont intensifiés dans les années 1990, sous la présidence de Jacques Chirac, admirateur de Cheikh Zayed. , le président fondateur des Emirats Arabes Unis. La France dispose d’une base militaire à Abu Dhabi, utilisée, entre autres, pour rapatrier ses ressortissants d’Afghanistan lors du retrait précipité des troupes américaines il y a près d’un an. Ou frapper l’État islamique en Syrie.
Durant le premier mandat d’Emmanuel Macron, les échanges entre les deux pays se sont intensifiés, notamment dans le secteur de la défense, au grand dam des défenseurs des droits de l’homme. Deux jours avant l’arrivée de “MBZ” à Paris, la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) a publié une lettre ouverte pour attirer l’attention sur le sort des opposants émiratis emprisonnés, dont le dissident Ahmed Mansour, inclus à l’isolement depuis 2017.
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