Hôpital : Que contient le rapport de Braun sur les urgences remis à Elisabeth Borne ?

Les difficultés liées aux services d’urgences sont principalement liées au manque de médecins urgentistes (77%), paramédicaux (60%) et de médecins de ville (64%) selon l’enquête des conférences des présidents d’hôpitaux du CME. Ricochet64 / stock.adobe.com

Classement des patients, collaboration plus étroite avec la ville, revalorisation de l’horaire de nuit… figurent parmi quelque 41 recommandations.

C’est une véritable boîte à outils d’urgence pour cet été. Le docteur François Braun, à qui le président de la République avait confié une mission éclair sur les urgences, présente ce jeudi matin son rapport à la première ministre Élisabeth Borne. Un bilan demandé puisque, depuis plusieurs semaines, les médecins tirent la sonnette d’alarme, prédisant un “été catastrophique” face au manque d’effectifs et que 120 services d’urgence, de Bordeaux à Grenoble en passant par Toulouse, ont limité leur accueil de nuit faute de Personnel.

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Le médecin urgentiste du CHU de Metz et président du syndicat Samu de France émet 41 recommandations. Certains entendent agir en amont, en limitant les tickets d’urgence qui ont doublé en 20 ans, à 22 millions de passages par an. Cela passe par la responsabilisation de la population quant au bon usage des services d’urgence, et l’embauche d’assistants de régulation médicale à 15 ans pour classer et référer les patients selon leurs besoins. L’idée est aussi de permettre aux médecins généralistes de la ville d’être des collaborateurs occasionnels du service public, et d’ouvrir le Service d’accès à la santé (SAS) à tous les professionnels de santé afin de développer des filières de soins directs sans passer par les urgences.

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L’un des objectifs est également de créer en ville, soit dans un bureau, soit dans une maison de repos, une alternative complète et attractive. Pour cela, il est nécessaire d’optimiser le temps médical et d’augmenter la capacité à répondre à la demande de soins non programmés en ville. Cela suppose de faciliter l’activité des médecins retraités ou le cumul d’activité titulaire/remplacement. Le rapport recommande également d’allouer un supplément de 15 euros pour tout acte réalisé par un médecin libéral à la demande de la réglementation SAMU ou SAS pour un patient hors base, dans la limite d’une limite hebdomadaire. Il prône également l’extension du principe de permanence des soins au samedi matin ou encore le maintien du remboursement de la Sécurité sociale à 100 % des téléconsultations pendant l’été.

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Ainsi, l’hôpital pourra se recentrer sur les urgences vitales et graves. Le rapport Braun recommande de maintenir le maillage territorial des SMUR mais aussi de limiter l’activité des services d’urgence, de la concentrer sur sa valeur ajoutée et de renforcer les effectifs. Le rapport recommande notamment d’organiser la permanence des soins à l’échelle d’un territoire associant spécialistes publics et privés sous la coordination de l’Agence régionale de santé (ARS).

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Malgré l’effort économique consenti par le Ségur de la Santé (10 milliards d’euros d’augmentation de salaire et 19 milliards d’euros d’investissement), le Dr Braun estime nécessaire de reconnaître la pénibilité de l’exercice, notamment pour les astreintes de nuit et de week-end. A court terme, elle plaide pour une augmentation, pour l’été, des horaires de nuit et de week-end des personnels de santé et non sanitaires, en attendant l’ouverture de négociations sur la reconnaissance mondiale de la rareté.

L’embolisation d’urgence est due aux nombreuses entrées (en amont) mais aussi et surtout à la difficulté d’en sortir (en aval) : les patients, notamment les personnes âgées, y restent plus longtemps que nécessaire faute de lits d’hôpitaux. services de l’usine, places en services de soins et de réadaptation (SSR) ou dispositif de retour à domicile adapté. L’objectif est donc de faciliter la sortie des patients. A cet effet, le rapport préconise la mise en place obligatoire de « bed managers » (personnes chargées de trouver des lits disponibles) dans tous les établissements disposant d’un service d’urgence et d’une organisation lits-lits du territoire sous la responsabilité de l’ARS. Il recommande également d’améliorer le recours à l’hospitalisation à domicile (HAD).

Bref, le Dr Braun appelle à une refonte majeure, établissant une collaboration équilibrée entre la ville et l’hôpital. “Notre système de santé doit changer de paradigme, se consacrer à la couverture des besoins de santé et non plus à l’organisation d’une offre de soins compétitive, coûteuse et inadaptée”, conclut-il.

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