Hôpitaux : “Tout le monde s’inquiète pour l’été”, prévient Martin Hirsch, PDG de l’AP-HP

Au sein du groupement qui gère 38 hôpitaux en Île-de-France, il y a 1.400 infirmiers portés disparus, a-t-il indiqué lundi matin à France Inter.

Malgré le reflux de l’épidémie de Covid-19 en France, les professionnels de santé s’inquiètent pour les mois à venir. La raison est le manque de personnel. “C’est simplement venu à notre connaissance à ce moment-là. Tout le monde s’inquiète pour l’été. Les différentes vagues de Covid-19 n’ont pas laissé indemne ceux qui travaillent à l’hôpital. Il y a un moment où les gens sont un peu cassés », a prévenu lundi Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) à France Inter.

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Concrètement, au sein de l’AP-HP, actuellement environ 15 % des lits sont fermés (contre 4 à 5 % habituellement). En cause, le manque de personnel soignant avec un besoin de 1400 personnes. “Nous avons 1 000 infirmiers de moins qu’il y a un an et nous avions initialement prévu de créer 400 nouvelles places. Certains ont changé de métier, d’autres sont partis en province ou dans le privé », explique Martin Hirsch. Au total, le plus grand groupe hospitalier d’Europe, qui gère 38 hôpitaux en Île-de-France, a enregistré 1 514 sorties en 2019, 1 289 en 2020 et 1 621 en 2021. Certains services sont plus touchés que d’autres, notamment les unités neurovasculaires qui prennent en charge victimes d’AVC, les fermetures de visage font face à environ 20 %. A cela s’ajoute une légère augmentation des pertes dans l’AP-HP, avec un taux allant de “8,5% à 9%, alors qu’il s’établit typiquement à 8%”.

Une préoccupation partagée

Pour remédier à cette situation, le directeur général de l’AP-HP fait plusieurs propositions : « Une revalorisation des salaires en fonction du coût de la vie, de la technicité du métier et des compétences nécessaires mais aussi une revalorisation du travail de nuit ». Il n’a pas hésité à qualifier les intérimaires de “mercenaires”, notant que c’est un vrai problème : “beaucoup deviennent des intérimaires, ça complique le milieu et on est obligé d’adapter notre organisation”, déplore-t-il. Interrogé par un auditeur sur la possibilité de réintégrer du personnel non vacciné, Martin Hirsch a précisé que cela ne représenterait que 40 personnes.

Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes hospitaliers de France, a qualifié la situation de “catastrophique” dans les services d’urgence, ajoutant que l’été “sera atroce. Du jamais vu”. en particulier dans les zones côtières et touristiques, où il y aura une pénurie de personnel lors de l’arrivée des estivants. Constat similaire pour Frédéric Valletoux, président de la Fédération des hôpitaux de France (FHF) : “Des lits sont fermés dans plus des trois quarts des établissements, de nombreux blocs tournent au ralenti et il y a des fermetures de services hospitaliers dans toutes les régions d’urgence”.

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