Ces dernières semaines, les sorties médiatiques d’Ignacio de la Serna, procureur général de Mons et également actuel président du Collège des procureurs généraux, se sont multipliées. Et de plus en plus critique, notamment envers le monde politique. En cause : les dossiers qui s’entassent sans pouvoir être pris en charge par la police judiciaire fédérale qui manque, se plaint-il, cruellement de moyens.
Une lutte contre le crime organisé qu’il juge urgente pour éviter que la société ne soit “gangrenée par la mafia”. Urgent au point d’avoir récemment interpellé, dans une démarche inhabituelle, les députés devant les commissions mixtes Justice et Intérieur de la Chambre.
M. de la Serna quittera la tête du Parquet général de Mons. Le 2 juin, il prêtera serment devant la Cour de cassation, la plus haute juridiction du pays, dont la fonction est de juger de la légalité des décisions judiciaires. Il rejoindra la deuxième chambre, chargée des affaires pénales.
Transfert place Poelaert début juin
Ignacio de la Serna est devenu procureur de Mons en 2014. Durant son mandat il présidera deux fois le Collège des procureurs, l’instance qui regroupe les 5 procureurs du pays. Il est actuellement également président du Collège, poste qu’il devra également quitter.
Quelques jours avant de déménager au Palais de Justice de Bruxelles, Ignacio de la Serna nous a reçus à Mons. L’occasion pour lui de faire le point sur l’état de la politique criminelle en Belgique. Et de faire quelques suggestions au monde politique.
Est-ce à cause de la fatigue qu’il quitte ses fonctions ? “Absolument pas”, a déclaré le magistrat, qui a expliqué dans un entretien exclusif à La Libre qu’il pourrait être lu dans l’édition de samedi.