Il implore De Croo de rapatrier son frère, blessé et bloqué en Syrie : “Ne rien faire serait une sorte de classement sélectif, ce serait terrible.”

Quand Abderrahim Melhaoui s’est engagé pour la Syrie, il n’a pas été question d’abus et d’atrocités pour lui. Un devoir d’entraide a incité Molenbeek, 35 ans, à aider les musulmans syriens qui se sont rendus au régime cruel de Bachar al-Assad. Melhaoui est parti le 3 avril 2013 pour combattre Bachar, pas pour aider Daech, dont on ne parlait pas encore en Syrie. Ils ont défilé par paires, dans l’esprit d’aider les gens qui souffrent.

Daech est arrivé en 2014, y installant le « califat ». Là, il est vite devenu trop tard pour s’enfuir sans être considéré comme un traître, et risquer le sort qui l’accompagne.

A Molenbeek, sa famille l’a longtemps cru mort. C’est grâce à trois journalistes belges qu’il a appris, en octobre 2021, qu’il était vivant, prisonnier des Kurdes.

Nos confrères Louis Collart, Pierre-Yves Thienpont et Jean-Pierre Martin avaient pu le rencontrer. Il vit mais en mauvais état, amputé principalement d’une partie de sa jambe gauche, déchirée par un obus de mortier.

Sa famille, à qui il voulait faire confiance La DHsupplie la Belgique de tout mettre en œuvre pour le rapatrier “avant qu’il ne soit trop tard”. C’est l’un des frères qui parle ici. « Le mois dernier, seize enfants et six mères détenus dans un camp sous contrôle kurde ont été ramenés de Syrie. C’est au nom du même devoir humanitaire que nous implorons le Premier ministre Alexander De Croo d’organiser le retour d’Abderrahim Melhaoui. pour les enfants et les mères, alors pourquoi pas pour lui ? Ne rien faire serait une sorte de classement sélectif, ce serait terrible. ».

Aux journalistes de soirée et LN24, Melhaoui a expliqué qu’en 2013, la communauté internationale observait, “les bras croisés”Bachar “commettre un génocide”. Abderrahim Melhaoui nie avoir été endoctriné dans des mosquées ou par des prédicateurs comme Zerkani ou Jean-Louis Denis. “J’ai entendu des universitaires d’Arabie saoudite dire qu’ils allaient là-bas. Allez-y, ont-ils dit, c’est le devoir d’un musulman d’aider son voisin.”

Arrivé parmi les premiers Belges, Melhaoui s’est vite rendu compte qu’en fait, “Ils n’avaient pas trop besoin de nous. En fait, ils étaient assez capables par eux-mêmes.”.

L’électricien bruxellois (dans une société d’ascenseurs) n’avait jamais tenu de kalachnikov. Il dit avoir reçu une formation rudimentaire. “Ils l’ont appelé ‘militaire’ mais c’était comme tenir Kalachnikov et le faire tomber. Ce n’était pas un entraînement comme vous le pensez.”

Il s’est dit opposé aux attentats de Bruxelles

Il aurait été très vite blessé, par balle, “Sur l’épaule”un matin en surveillant un poste de contrôle. “Ils ont commencé à tirer, il nous tirait dessus aussi, et j’ai attrapé une balle.”

Le Belge (n’a pas la nationalité marocaine) réduit son rôle en Syrie à l’approvisionnement (eau, nourriture, vêtements), la cuisine.

Les atrocités, les décapitations au rond-point de Raqqa, les pendaisons, les homosexuels jetés du haut des immeubles, Melhaoui affirme n’avoir participé à rien ni avoir eu d’esclave sexuel Iezidite. Il nie avoir perpétré les attentats de Bruxelles. “En mars 2016, j’étais à Deir Ez-Zor, pas à Raqqa. Aussi, les Européens en général, sauf certains peut-être, ont trouvé cela choquant. Je ne voyais pas pourquoi l’État islamique a fait cela. Ce n’est pas une politique qui a amené n’importe quoi. “

Melhaoui a répondu aux journalistes lui demandant si l’islam de Daech est le véritable islam “non”.

Récemment, le 13 mai 2022, le tribunal correctionnel de Bruxelles l’a condamné, par défaut, pour participation aux activités d’un groupe terroriste, à 5 ans de prison.

Cependant, nous avons honte que le tribunal ne lui ait attribué aucun fait précis au cours de ses six années de présence en Syrie. Melhaoui est condamné par le principe qu’un simple acte de participation suffit, “même si c’est minimal et ponctuel“.

Le tribunal admet comme circonstance qu’après avoir été blessé, Melhaoui n’a jamais demandé son rapatriement. A quoi la famille répond que c’était tout simplement physiquement impossible.

La famille est détruite. Le père a fait un AVC. La mère est sévèrement diabétique. Les six frères sont hantés par la connaissance de lui sans soins appropriés, vont probablement mourir à tout moment et ne peuvent rien faire de Bruxelles. “Dans les étangs noirs (quartier de Molenbeek), Abderrahim a dit aux jeunes de ne pas toucher à la drogue. Les jeunes l’ont écouté. Ça en a mis plus d’un sur la bonne voie.”

Urgence humanitaire, urgence juridique

La famille a choisi le cabinet d’avocats Hamid El Abouti. Il a décidé de faire appel de la peine de 5 ans. Pour elle, comme pour les avocats, le rapatriement est une urgence.

Urgence humanitaire pour la famille. “On l’imagine vivant dans des conditions relativement hygiéniques, avec un manque d’eau en pleurant, probablement mal nourri et souffrant de carences extrêmes. On n’ose pas imaginer ce qui se passe dans les prisons. On n’a plus eu de ses nouvelles depuis des mois.”

Urgence juridique pour les avocats. “Nous notons que, bien que le parquet l’ait demandé, le tribunal n’a pas privé M. Melhaoui de la nationalité belge. Par conséquent, la Belgique a une obligation à cet égard. Comme il y aura également un procès en appel”, la présence de M. Melhaoui en Belgique est nécessaire pour qu’il puisse organiser sa défense et s’expliquer sur les faits, ce qu’il n’a pas encore pu faire.

La famille, après avoir reçu deux courriers l’an dernier, grâce à la Croix-Rouge, est sans nouvelles depuis octobre 2021.

« Nous savons qu’il était vivant. Mais que s’est-il passé pendant huit mois ? Nous sommes là, croisant les doigts et attendant.

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