A force de dire que Rennes est une grande ville, elle a fini par être connue. Réputée pour son attractivité, la capitale bretonne a pu mesurer sa popularité en voyant de nouveaux prétendants frapper à sa porte à la rentrée. Le problème est que les candidats à l’installation semblent plus nombreux que les logements disponibles. Conséquences : Les quelques offres de location et d’achat ne suffisent pas et disparaissent en quelques heures, après avoir été perquisitionnées. Un constat que de nombreux étudiants ont fait cet été, même si la situation semble s’améliorer progressivement.
Lorsqu’elle a commencé à chercher un appartement en juillet, Noémie ne s’attendait pas à autant de difficultés. Elle, qui approche doucement de la quarantaine, a dû quitter Saint-Malo pour un nouveau poste à Rennes. “J’ai commencé à chercher en juillet et ce n’était pas là. C’était compliqué, il n’y avait presque pas de pubs. Un jour de septembre, il a fait le calcul. Selon leurs critères, il n’y avait que sept appartements locatifs proposés au Bon Coin dans une ville qui compte près de 130 000 logements. “Nous avons dû appeler dans l’heure, sinon nous n’avions aucune chance de présenter un dossier. J’ai vu des choses à des prix fous, on aurait dit que j’étais à Paris.” Après quelques refus, Noémie a fini par trouver son bonheur grâce au retrait des préférences du propriétaire. Avec un CDI et un bon salaire, s’interroge Noémie. « Je me sens comme l’un des privilégiés avec mon dossier. Je me demande comment vont les autres.
“Nous n’avons presque rien à offrir”
Votre question est légitime. Car ces dernières années le logement semble être devenu une denrée rare dans la capitale bretonne, alors que les immeubles se multiplient un peu partout. Le phénomène s’est sans doute accru avec l’épidémie de Covid-19. « Normalement, nous avons une centaine de locataires qui partent en juin. Mais cette année, il y en avait 50 de moins, sans savoir pourquoi. En mai, nous avons commencé à louer certaines propriétés. Donc en juillet nous n’avions plus rien. Ce gérant d’une agence immobilière du centre-ville s’est étonné du nombre de jeunes en bouteilles cet été. “J’ai vu des élèves pleurer, des parents horrifiés.” Elle résume ainsi ses sentiments : « Nous n’avons presque rien à offrir. Mécaniquement, le prix des locations non réglementées a augmenté.
Une enquête rapide pour aller au fond du problème. Combien de temps vous a-t-il fallu pour trouver votre logement à #Rennes cette année ?
– Camille Allain (@CamiAllain) 7 octobre 2022
L’accès à ce contenu a été bloqué pour respecter votre choix de consentement
En cliquant sur ” J’ACCEPTE », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et, par conséquent, vous aurez accès au contenu de nos partenaires
J’ACCEPTE
Et pour mieux récompenser 20 Minutes, n’hésitez pas à accepter tous les cookies, même pour une seule journée, en utilisant notre bouton “J’accepte pour aujourd’hui” dans le bandeau ci-dessous.
Plus d’informations sur la page Politique de gestion des cookies.
On a poussé la porte d’autres agences où le discours était plus mesuré. “Le marché est tendu, nous ne le nierons pas. Mais nous pouvons le trouver si nous sommes rapides. C’est juste que c’est plus long et plus fastidieux”, prévient Benjamin Guerrot. Le gérant de l’agence La Française Immobilière du boulevard de la Liberté n’est pas surpris de la situation.
“Rennes est une ville charmante, elle est attractive. Elle est proche de Paris, de Nantes et de la mer avec Saint-Malo. Elle dispose d’un marché de l’emploi très dynamique et attire de plus en plus d’étudiants. Rien de tout cela n’est surprenant.”
Fait positif à noter : après le rush de la rentrée, la situation semble s’améliorer. Petit à petit cependant.
Une bonne nouvelle pour tous ceux qui recherchent un logement, mais aussi pour tous ceux qui veulent acheter. Car depuis deux ou trois ans, le marché était devenu très, très compliqué. “Nous avons environ 2 000 offres lorsque nous ajoutons le nouveau et l’ancien. C’est deux fois plus qu’en 2020. Avant, lorsque les clients venaient nous solliciter, nous n’avions qu’un seul bien à leur proposer. Aujourd’hui, vous pouvez avoir trois, quatre, cinq appartements à montrer. Vous n’avez plus besoin de vous présenter”, indique Martin Giboire, directeur de l’agence du même nom située près de République. Derrière cette généralité se cache cependant une réalité plus contrastée. Si le marché s’est globalement contracté, il reste extrêmement tendu pour les petites surfaces. “Les logements étudiants ne sont jamais vides”, reconnaît Martin Giboire. Tous ceux qui se sont battus et se battent encore peuvent le confirmer.