Pour ceux qui prédisent une baisse du marché immobilier avec une hausse des taux d’intérêt, les chiffres semblent leur donner tort. Au moins pour l’instant. Alors que le crédit immobilier est resté stable au cours du premier trimestre – bien que la proportion de ménages aisés ait augmenté au détriment des primo-accédants, selon l’Observatoire du Crédit Logement / CSA – les prix de l’immobilier ancien ont continué d’augmenter.
Au premier trimestre 2022, la hausse était même de 7,3 % en un an, selon l’indice Notaires-Insee, qui fait référence dans le secteur immobilier (et de 1,5 % par rapport au quatrième trimestre 2021). Cet indice est basé sur les ventes réelles. La hausse continue d’être tirée par les maisons individuelles, dont les prix augmentent plus vite que les appartements (+ 9,3 % en un an contre + 4,7 %), et par la Province, alors que l’Ile-de-France montre des signes de difficultés respiratoires.
Les prix autour de la capitale n’ont augmenté “que” de 2,5%, alors que dans le reste du pays ils ont augmenté de 9,3%. A Paris, les prix continuent de s’éroder, à un prix moyen de 10 520 euros le mètre carré, mais les transactions ont retrouvé des niveaux d’avant-crise. Selon les notaires, les prix devraient être stables en juillet.
pas d’inversion
Au niveau national, le nombre de transactions, qui avait explosé à la sortie du confinement vers la mi-2020, s’est stabilisé, pas à un rythme relativement élevé. Ainsi, les notaires enregistrent 1,75 million de transactions d’avril 2021 à mars 2022. Si l’on rapporte ce nombre de transactions au stock de logements disponibles, qui augmente d’environ 1% annuel, la proportion des ventes a dépassé depuis 2019 le niveau élevé observé dans le début des années 2000, souligne le communiqué.
Pour les notaires, le constat est clair : le marché immobilier est loin de s’effondrer. Un constat partagé par le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. “Si la hausse des taux se produit de manière progressive et ordonnée, comme je le pense, il n’y a aucune raison de craindre un investissement majeur dans le secteur”, a-t-il déclaré ce matin lors de la présentation du rapport annuel de Prudential. Autorité de contrôle et de résolution (ACPR).
Cependant, la BCE a récemment mis en garde contre les risques d’une correction du marché immobilier de la zone euro, une crainte déjà soulignée par le superviseur à la fin de l’année dernière. Mais les conditions de marché peuvent fortement varier d’un pays à l’autre, avec des hausses plus prononcées dans certains pays, comme les Pays-Bas ou l’Allemagne, ou encore le poids des prêts à taux variable (en France, la quasi-totalité des prêts sont à taux fixe).
“La dynamique du crédit immobilier reste forte en France”, ajoute le gouverneur de la Banque de France, qui rejette les critiques de certains professionnels de l’immobilier sur les risques d’éviction du marché de certains clients à la suite de la demande, désormais obligatoire pour les banques depuis le 1er janvier, des règles du Conseil supérieur de stabilité financière (HCSF) régissant les conditions d’octroi de crédit. “Toutes les banques appliquent strictement ces règles”, précise François Villeroy de Galhau.