Avec 133 députés élus, les noces n’obtiennent pas la majorité à l’Assemblée nationale. La concentration des 20 autres élus de gauche, qui ne faisaient pas partie de l’accord Nupes, ne suffira pas non plus. L’explosion de participation attendue par Jean-Luc Mélenchon et ses alliés ne s’est pas concrétisée. Mais grâce à leur alliance, La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti socialiste et le Parti communiste français ont tout de même réussi à plus que doubler leur nombre de députés par rapport à 2017.
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La gauche fait son retour à l’Assemblée
C’est la principale conséquence de l’union de la gauche. Cinq ans après avoir failli être expulsée de l’hémicycle, la gauche revient en nombre à l’Assemblée nationale. Ensemble, les “rebelles”, les socialistes, les écologistes et les communistes remportent 133 élus*. C’est 75 places de plus qu’en 2017.
Les noces peuvent revendiquer le titre de principale force d’opposition. Mais une fois placés dans la durée, ces résultats restent encore en deçà des scores atteints par la gauche au début des années 2000. Le nombre de sièges obtenus dimanche soir est nettement inférieur à celui acquis par la gauche en 2002 et 2007, à deux scrutins. où elle ne s’est pas imposée.
La gauche gagne plus souvent
En réalité, le syndicat de gauche profite surtout de son pacte de non-agression. Un seul candidat de gauche a été officiellement investi par le Nupes dans 545 circonscriptions réparties en France métropolitaine et parmi les Français résidant à l’étranger. Les territoires d’outre-mer et la Corse faisaient exception, faute d’accord national avec les parties de ces territoires. Résultat, malgré un score national légèrement inférieur à celui de 2017 au 1er tour, La France insoumise, Europe Ecologie-Les Verts, le Parti socialiste et le Parti communiste français sont parvenus à classer 231 candidats il y a plus de cinq ans au second tour. . Et ils se retrouvent avec plus de deux fois plus d’élus qu’en 2017.
La France insoumise renforce sa position
La France insoumise est le grand vainqueur de cet accord, avec 72 députés. Le parti dirigé par Jean-Luc Mélenchon conforte ainsi son statut de première force de gauche acquis à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle. Le Parti socialiste parvient à suivre des élus quasiment équivalents à 2017. Pendant ce temps, les écologistes signent leur retour à la Chambre.
Chacune de ces formations peut constituer son propre groupe parlementaire à l’Assemblée nationale. Les communistes, en revanche, n’ont pas réussi à obtenir les 15 députés nécessaires pour former un groupe. Fabien Roussel et ses camarades devront s’allier à des élus d’autres listes que la leur s’ils veulent avoir leur propre groupe à l’Assemblée.
La gauche comble l’Ile-de-France
La répartition géographique des circonscriptions remportées montre que le Nupes fait le plein en Ile-de-France, où 43 de ses candidats ont été élus. Plus généralement, l’alliance de gauche parvient à s’implanter dans les grandes villes. En revanche, il est quasiment absent du nord-est de la France. Alors qu’au premier tour ils étaient 50 sur la ligne de départ, seuls 24 candidats du Nupes ont réussi à se qualifier pour le second tour dans les Alts-de-France. Au final, la gauche ne compte que 8 députés dans cette région longtemps conquise.
La gauche profite de l’est parisien avec la majorité
Les résultats des élections législatives dans la capitale sont un symbole du changement qui s’est opéré dans les grandes villes en faveur du mariage. En 2017, la quasi-totalité des circonscriptions parisiennes avaient été remportées par La République en marche. Cinq ans plus tard, la capitale se divise en deux : à l’ouest, les circonscriptions restent acquises à la majorité présidentielle et à droite, mais l’est parisien passe à gauche, avec 9 députés du Nupes, dont Sophia Chikirou, Sarah Legrain . et Danièle Obono, toutes élues au premier tour.
La gauche perd au milieu de ses duels face au Rassemblement national
L’analyse des 362 matches disputés par les candidats du Nupes au second tour montre que l’alliance de gauche a perdu un peu plus d’un face à face à deux contre le Rassemblement national. Dans certaines régions, la proportion de défaites face au parti de Marine Le Pen est encore plus élevée. Dans les Hauts-de-France, par exemple, Nupes a été battu dans 9 des 13 circonscriptions face au parti d’extrême droite. De même, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, les nupes ont perdu dans 6 duels sur 8.
La gauche n’a pas réussi à mobiliser son électorat
La Nupes n’a pas réussi à mobiliser ceux qui n’avaient pas voté au premier tour. La participation a chuté dans près de 90 % des circonscriptions métropolitaines où un candidat de l’alliance de gauche était toujours en lice. Particulièrement pénalisée pour s’être abstenue au premier tour, la nupa avait multiplié les appels à la mobilisation. En vain. Ainsi, l’abstention a atteint 71% entre 18-24 ans au second tour, soit deux points de plus qu’au premier, selon les enquêtes sociologiques menées par Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et les chaînes parlementaires.
* Franceinfo a procédé à plusieurs vérifications et a décidé d’inclure dans les rangs du Nupes deux candidats labellisés plusieurs partis par le ministère de l’Intérieur. Contrairement aux chiffres du ministère, les projections de siège du Nupes ont donc les députés Joël Aviragnet et Hervé Saulignac dans cette chambre. Toutes nos explications sont à retrouver dans cet article.