l’essentiel Le 20 novembre, à Seix, lors d’une chasse, un chasseur de 70 ans est victime d’une attaque d’ours. L’homme a alors utilisé son arme et a tué le plantigrade. Plusieurs gardes à vue ont été menées depuis mercredi dans le cadre d’une information judiciaire ouverte, notamment sur des actes présumés de destruction d’une espèce protégée.
“Ces processus sont d’une violence indescriptible et le monde de la ruralité ne restera pas sans réponse”, a déclaré Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasses de l’Ariège. Depuis jeudi, les gendarmes de Saint-Girons ont entamé une série d’auditions, en garde à vue, des huit chasseurs qui ont participé, le 20 novembre, à une perquisition qui a failli se solder par la mort d’un homme. Cet épisode judiciaire tourne aussi très mal dans les sphères politiques. “Un vice-président du conseil départemental regrette que les enquêteurs aient mis en garde à vue hier un pompier volontaire qui a pourtant sauvé la vie de ce chasseur.” Et celui-ci de se demander : « Mais dans quel pays vivons-nous ? Pour ma part, je trouve cela très choquant ! “.
La colère a rapidement gagné du terrain. Et pas seulement du côté des chasseurs. “Nous ne resterons pas les bras croisés face à ce qui s’est passé hier”, a ajouté Jean-Luc Fernandez. Je trouve inacceptable que le chasseur blessé ce jour-là, et marchant toujours avec des béquilles, ait été en garde à vue de 8 h à 19 h.
“Aujourd’hui, nous invitons tous les chasseurs à se rassembler devant la gendarmerie de Saint-Girons”
La “réponse” politique est déjà en cours. “Demain matin (NDLR : ce vendredi matin) nous invitons les chasseurs à nous rejoindre devant les locaux de la gendarmerie de Saint-Girons à partir de 9h. Nous surmontons la révocation », ajoute Jean-Luc Fernandez, qui devrait, au passage, avoir le renfort des acteurs du monde pastoral et des postes d’élus du département. En attendant, le parquet de Foix entend rester à l’abri de la rixe. Contacté sur la réalité de la garde à vue des protagonistes de l’affaire, Olivier Mouysset, le procureur de Foix répond succinctement : “Je ne peux pas confirmer cette information.”
Les faits incriminés demeurent. Le 20 novembre, une équipe de chasseurs installe son stand de tir dans les hauteurs du village de Seix au lieu-dit “Domanial du Valier”. Une réserve, a priori, interdite dans la pratique de la chasse.
En milieu d’après-midi, l’un des chasseurs aurait aperçu “deux petites taches brunes” à une quarantaine de mètres. L’homme ne comprend pas tout de suite qu’il s’agit de deux chiots accompagnés de sa mère. Selon le reportage que le fils de la victime avait raconté à nos colonnes deux jours après l’accident, l’ours se trouvait derrière le septuagénaire lorsqu’elle l’a violemment agressé à hauteur de jambe. Le chasseur aura encore le temps de tirer et de tuer le plantigrade instantanément, non sans être traîné à plus de quinze mètres par l’ours, grièvement blessé, le chasseur doit sa survie à l’un des participants au passage à tabac, un jeune pompier volontaire. Le secouriste a effectué les premiers gestes d’urgence sur la victime avant de la remettre aux médecins du SMUR. Dans un premier temps évacuée vers le centre hospitalier intercommunal des vallées ariégeoises (CHIVA) par l’hélicoptère de la gendarmerie, la victime avait été conduite à l’hôpital toulousain de Purpan.
Cet accident a réactivé les tensions entre le pour et le contre alors que le 26 novembre le parquet de Foix a ouvert une information judiciaire contre X pour destruction d’une espèce protégée. « Cette chasse se faisait au moins en partie sur la réserve d’État du Mont Valier. Cette zone est soumise à des restrictions de chasse. Il est probable qu’il y aura des infractions au code de l’environnement liées à l’interdiction de chasser sur les lieux”, avait détaillé le magistrat, pour expliquer la nécessité de favoriser davantage les investigations. Au moment du retour des troupeaux aux estives, la question de l’ours revient là où on ne l’attendait pas.
Une autopsie sur l’ours
Le 26 novembre, lors de l’ouverture d’une information judiciaire, la procureure adjointe Léa Filippi avait confirmé la mort par balle du plantigrade. L’autopsie de l’animal “a révélé l’existence d’un impact ayant provoqué des lésions invasives par perforation des deux poumons de l’ours et de la trachée, soit une mort quasi immédiate de l’animal”, a ensuite expliqué le magistrat.