L’invention de ce duo de scientifiques bordelais n’a rien à voir avec les moustiquaires classiques. Ce sont des plaques transparentes et perforées qui refroidissent naturellement l’air très chaud. Grâce à un effet venturi. Explications. (article publié le 06/03/2022)
“C’est un ami qui m’a parlé et comme les moustiques m’envahissent l’été j’étais très intéressé”, raconte David, un stagiaire, qui reçoit aujourd’hui le partenaire du Capitaine venu lui demander son “Mostiglass”.
La plaque est en polymère transparent qui laisse passer l’air et la lumière mais pas les moustiques • © N.Pressigout
Le panneau, transparent, n’assombrira pas votre appartement situé au rez-de-chaussée. Il est percé de trous ovales disposés horizontalement, de profondeur conique.
“Ils sont assez grands pour laisser passer l’air et assez petits pour bloquer le passage des moustiques, explique François Capitaine, qui affirme que son invention est efficace à 100 % contre le moustique tigre. Cela a été validé par un laboratoire accrédité par l’OMS. ‘.
Ce qui ne se passe pas non plus, et c’est là que se trouve toute l’innovation, c’est la chaleur. Les trous ont une forme produisant un effet venturi.
Les trous sont réalisés avec une grande précision pour provoquer un effet venturi au passage de l’air • © N.Pressigout
“C’est un processus bien connu en physique”, explique Nathalie Capitaine. “L’air accélère dans le trou et la pression diminue, ce qui abaisse la température. À 20 degrés, la température reste la même.”
Mais à 29 degrés il y aura une baisse de 4°, c’est-à-dire que l’air qui entrera sera à 25° et plus il fait chaud dehors, plus l’écart de température sera important. important “.
L’atelier où Nathalie et François Capitaine fabriquent leur Mostiglass • © N.Pressigout
Le couple, elle physicienne, lui spécialisé dans la chimie des matériaux, a passé quelques années à développer le produit. Avec le soutien de l’incubateur de start-up Unitec et de la Région Aquitaine, ils ont obtenu des subventions de 20 000 euros pour fabriquer leurs prototypes.
L’école d’ingénieurs où ils sont diplômés, l’ENSCBP, a accepté d’accueillir leur premier atelier.
Ils ont lancé la commercialisation en 2020, juste au début de la crise sanitaire après avoir investi dans une machine qui leur permet de percer des ouvertures de manière très précise. Ils ne nous diront pas lequel de peur d’être copié.
“Ce qui nous manque aujourd’hui, c’est la notoriété. Nous avons besoin de nous faire connaître pour nous développer en France et à l’international.” François Capitaine est confiant. Elle vend aux particuliers mais aussi beaucoup aux collectivités.
“Ils s’intéressent aux crèches, Ehpad, cuisines collectives pour des raisons sanitaires mais aussi de sécurité car ce sont des parois extrêmement solides conçues en polycarbonate, un matériau 800 fois plus résistant que le verre. C’est le matériau utilisé pour les cabines d’avions ou les verres de lunettes”.
Nathalie et François proposent toutes sortes de modèles, fixes, coulissants, portes…
“Le mien m’a coûté un peu moins de 200 euros”, révèle David, le médecin interne.
Le couple d’inventeurs ne devrait pas avoir trop de mal à entrer sur le marché. Le fléau du moustique tigre n’est pas prêt de disparaître…
Voir le reportage de Cendrine Albo, Nicolas Pressigout et Robin Nouvelle :
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