L’usine Climeworks à Hellisheidi, près de Reykjavík, le 11 octobre 2021, Halldor KOLBEINS
Une nouvelle usine va être construite en Islande capable d’aspirer l’air ambiant pour capter le dioxyde de carbone et le piéger dans la roche, soit dix fois la capacité du site, a annoncé mardi la start-up suisse Climeworks.
Baptisée Mammoth, l’installation éliminera chaque année 36 000 tonnes de CO2 de l’atmosphère. Elle rejoindra les 4 000 tonnes de capacité de l’usine Orca, inaugurée en septembre dernier et actuellement la plus grande du genre au monde.
La nouvelle usine devrait être opérationnelle d’ici 18 à 24 mois, selon Climeworks.
Dans cette technologie émergente qui utilise les ressources géothermiques renouvelables de l’Islande, la contribution continuera d’être symbolique face aux défis posés par les émissions humaines excessives et le changement climatique.
Le volume de 40 000 tonnes correspond aux émissions moyennes de 8 600 voitures en un an ou à la consommation énergétique annuelle de 5 000 foyers aux États-Unis, selon l’Agence américaine de protection de l’environnement.
L’objectif est cependant d’augmenter pour atteindre un niveau significatif d’élimination de CO2 de l’air, de l’ordre d’un milliard de tonnes.
“Nous construisons les fondations d’une capacité à l’échelle du gigatonne pertinente pour le climat”, a déclaré Jan Wurzbacher, co-PDG de Climeworks dans un communiqué.
La centrale, située comme la première à proximité de la centrale géothermique Hellisheidi près de Reykjavík, sera composée de 24 unités composées de conteneurs empilés. Des ventilateurs équipés de filtres aspirent de l’air pour isoler les molécules de dioxyde de carbone.
Un partenariat avec CarbFix, une entreprise islandaise pionnière dans le stockage souterrain du carbone, piège le CO2 fraîchement capté en l’enfouissant dans la roche basaltique environnante grâce à un processus appelé minéralisation.
Capter et stocker le dioxyde de carbone sous terre est l’une des méthodes encouragées par le Groupe d’experts international sur l’évolution du climat (GIEC) pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus de la moyenne en 2100. C’était préindustriel.
Selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de novembre 2021, dix-neuf centrales DAC (“direct air capture”), pour la plupart de petite taille, sont actuellement en fonctionnement dans le monde, principalement en Europe, aux États-Unis et au Canada.
La première usine à grande échelle, un partenariat entre Canadian Carbon Engineering et la compagnie pétrolière américaine Occidental Petroleum, devrait ouvrir en 2024 dans le sud des États-Unis et capturer jusqu’à un million de tonnes de CO2 par an.
La principale technologie de captage du CO2 est de le capter directement dans les cheminées des usines fortement émettrices, mais le captage dans l’air lui permet aussi d’attaquer le CO2 déjà émis.