Le discours qui accompagne le grand retour du Tour de France féminin n’est pas du goût de Jeannie Longo, triple vainqueur de l’épreuve.
Si vous avez perdu un peu de sommeil les nuits avant le grand départ, Marion Rousse vous remercie : le Tour de France féminin est lancé. Un rêve devenu réalité pour la réalisatrice de cette Grand Boucle féminine, partagée entre « bonheur et fierté ». Selon elle, le cyclisme féminin est en effet entré dans une nouvelle ère grâce au Tour. “Quand j’étais petite, il m’était impossible de rêver de participer un jour au Tour de France, mais mesdames, ce rêve est enfin possible pour vous”, confiait-elle après sa nomination à la tête de l’épreuve cet automne. .
Cependant, malgré le peu de musique qui joue autour de ce Tour de France féminin, ce n’est pas le premier. Le Tour de France a déjà existé. Après une première tentative en 1955, six éditions ont été réalisées entre 1984 et 1989, les trois dernières par Jeannie Longo. L’ancien coureur n’apprécie pas qu’on oublie que c’est un renouveau. “Il faut le préciser car j’ai appris il y a plusieurs semaines que c’est le premier Tour de France féminin, et ce n’est pas très respectueux envers celles qui l’ont déjà couru, envers les vainqueurs comme Marianne Martin, Maria Canins ou moi-même. Nous ont marqué le cyclisme et on a un peu mal”, a-t-il confié dans les colonnes du Parisien.
Dimanche, l’Iséroise était pourtant invitée sur les Champs Elysées pour recevoir le premier maillot jaune de ce nouveau Tour. Un symbole auquel Marion Rousse était liée. Mais l’ancienne championne olympique a failli la laisser tomber. “A un moment, avant d’y aller, j’étais un peu nerveux. Pourquoi aller sur les Champs Elysées ? Si c’est pour jouer à la marionnette…, tonna-t-il. J’étais agacé d’entendre de vieux pros dire que le cyclisme c’est autre chose maintenant. Nous avons aussi gravi le Granon, l’Izoard, tous les cols mythiques. Faire table rase de tout cela, c’est comme ne pas reconnaître Bernard Hinault ou Bernard Thévenet.