La capsule Starliner de Boeing passe le test clé, malgré quelques ratés

La capsule, qui n’avait aucun passager à bord, a atterri mercredi soir dans le désert de l’État américain du Nouveau-Mexique.

Starliner, la capsule spatiale de Boeing, a atterri mercredi soir, concluant avec succès une mission test cruciale pour l’entreprise, qui vise à démontrer sa capacité à transporter des astronautes de la Nasa à la Station spatiale internationale (ISS).

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La capsule, qui n’a aucun passager à bord, a atterri dans le désert de l’Etat américain du Nouveau-Mexique, à la base de White Sands, à 16h49 (22h49 GMT). “Un bon atterrissage à White Sand ce soir”, a déclaré un commentateur à la diffusion vidéo de la NASA. Sa descente avait été ralentie par son entrée dans l’atmosphère terrestre, puis par de gros parachutes, et le contact avec le sol était amorti par de gros airbags.

Problèmes de taille

L’enjeu était de taille pour Boeing, qui tente depuis des années de faire de ce vol d’essai un succès, et pour la NASA, qui a investi des milliards de dollars dans le développement de l’engin spatial. À l’avenir, elle souhaite louer ses services pour transporter ses astronautes vers la Station spatiale internationale. L’atterrissage en toute sécurité permet au géant aéronautique américain de boucler enfin une mission réussie de bout en bout, après un échec en 2019. Et du même coup de retrouver une partie de son image, après avoir été dépassé par SpaceX, dont la capsule a déjà servi de vaisseau spatial à la NASA. Taxis depuis 2020.

L’écoutille du Starliner a été fermée mardi par les astronautes à bord de l’ISS. Il transporte 270 kg de charge utile, dont des réservoirs d’oxygène réutilisables, qui seront remplis sur Terre et remis en orbite plus tard.

Pièges à répétition

Starliner a décollé de Floride jeudi dernier et s’est amarré à l’ISS pour la première fois le lendemain. De nombreux tests ont été effectués ces derniers jours pour vérifier le bon fonctionnement du véhicule une fois connecté au laboratoire de vol. Mais le succès de l’amarrage de vendredi, notamment, avait été un vrai soulagement pour Boeing, après une première tentative en 2019. A cette époque, Starliner avait dû repartir plus tôt que prévu, avant de parvenir à se rendre en gare. L’atterrissage n’avait posé aucun problème.

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Après cette première mission ratée et une longue période de réglages, le vol d’essai a dû être retesté en août 2021. Mais alors que la fusée était déjà sur le pas de tir, les valves de la capsule se sont bloquées à cause d’un problème d’humidité. Le navire a dû retourner à l’usine pour des réparations pendant dix mois. Cette fois, le vol vers l’ISS s’est bien passé, malgré quelques ratés, notamment un problème détecté dans le système de propulsion : deux des 12 hélices utilisées par la capsule pour se placer dans la bonne trajectoire après le décollage n’ont pas fonctionné. Cependant, les responsables de la NASA et de Boeing ont été rassurés quant à l’importance de l’incident. La capsule s’était également arrimée tardivement, en raison d’un problème technique avec l’appareil qui lui permettait de se connecter à la station. Des problèmes qui restent mineurs, par rapport aux pièges précédents.

Prochain test habité

Après cette mission, un deuxième vol de démonstration devra être effectué, cette fois avec des astronautes à bord, pour que l’engin spatial obtienne la certification de la NASA. Boeing espère y parvenir d’ici la fin de l’année et commencera ensuite des missions régulières vers l’ISS. Mais le timing exact dépendra de l’analyse des performances de Starliner ces derniers jours. L’agence spatiale américaine a signé des contrats au forfait avec SpaceX et Boeing.

Par le recours à deux sociétés, elle veut diversifier ses options, pour ne plus jamais risquer de se retrouver sans moyens de transport américains, comme après l’arrêt des navettes spatiales en 2011. Jusqu’à SpaceX, la NASA en était en effet réduite à payer des places dans Russie. Fusées Soyouz. La société d’Elon Musk, encore nouvelle venue dans l’industrie aérospatiale par rapport à Boeing, a déjà transporté 18 astronautes vers l’ISS avec sa propre capsule, Dragon, ainsi que quatre passagers privés, lors d’une mission de tourisme spatial.

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