La CEDEAO lève une partie de ses sanctions contre le Mali et la Guinée suspendus

Publié le : 07/03/2022 – 22:09Modifié le : 07/03/2022 – 23:15

Le 61e sommet de la CEDEAO s’est achevé ce dimanche 3 juillet à Accra, au Ghana. L’organisation ouest-africaine a étudié ses mesures de rétorsion contre le Mali, le Burkina Faso et la Guinée après la prise de pouvoir des juntes.

Avec notre envoyé spécial à Accra, David Baché

Les chefs d’Etat de la CEDEAO ont estimé que les progrès réalisés par le Mali ces dernières semaines justifient une levée partielle des sanctions. Bamako a adopté une nouvelle loi électorale et annoncé un retour à l’ordre constitutionnel d’ici mars 2024.

Les sanctions comprenaient la fermeture des frontières, le gel des avoirs maliens et la suspension des échanges commerciaux et financiers. Tout cela peut être repris. Les ambassadeurs de la CEDEAO qui étaient en poste à Bamako et qui avaient été licenciés pourront également regagner la capitale malienne.

Cependant, les sanctions économiques contre les dirigeants du conseil d’administration demeurent. Le Mali reste également suspendu des autorités de la CEDEAO. Les décisions prises ce dimanche par l’organisation régionale, avec effet immédiat, constituent pourtant une avancée très importante.

Le Burkina Faso échappe aux sanctions

Quant au Burkina Faso, la CEDEAO a décidé de lever la menace de sanctions qui pesait sur le pays depuis mars dernier. Des sanctions avaient été adoptées, mais jamais appliquées. L’organisation régionale tient compte du rapport du médiateur, l’ancien président nigérian Mahamadou Issoufou, qui a fait état de deux évolutions importantes : les deux années de transition proposées par les autorités burkinabés, au lieu des trois années initialement annoncées, c’est-à-dire le retour des civils en Puissance. le 1er juillet 2024 ; liberté de circulation accordée à l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré. Comme le Mali, le Burkina Faso reste cependant suspendu des instances de l’organisation ouest-africaine.

La Guinée échappe également aux sanctions. Au moins pour l’instant. Il s’est vu accorder un mois de suspension en raison de la nomination d’un nouveau médiateur, en l’occurrence l’ancien président béninois Thomas Boni Yayi. Concrètement, il devra obtenir une réduction de la période de transition proposée par Conakry.

Umaro Sissoko Embalo nommé président de la CEDEAO

Le président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoko Emballo, est le nouveau président actuel de la CEDEAO. La présidence est allée à un pays lusophone, selon les textes.

Certains étaient réticents à l’instabilité du pays et souhaitaient même que le titulaire prolonge son mandat de six mois. Mais la Ghanéenne Nana Addo Dankwa Akufo-Addo n’en voulait plus. Il a servi deux mandats et a été contraint de convoquer plusieurs fois des sommets extraordinaires pour des coups d’État. Ses proches estiment que cet engagement l’aurait éloigné de la gestion des affaires intérieures.

Peu avant, la réunion avait nommé le diplomate gambien Omar Alieu Touray, 56 ans, président de la commission. Il remplace l’Ivoirien Jean-Claude Brou. Le vice-président est togolais. Dans le cadre des réformes, sept nouveaux commissaires sont nommés ; avant d’avoir 15 ans. Le commissaire aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité est désormais le Ghanéen Abdel Fatau Moussa. Il succède au Béninois Francis Béhanzin.

J.-L. Aploguen

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