“Le tribunal a confirmé l’innocence de mon client. Une dizaine de procès de Mme Van Roy se sont terminés de la même manière. Luc Besson regrette ces quatre années perdues”, a déclaré après délibéré son avocat, Me Me Thierry Marembert.
“Evidemment nous avons déposé un pourvoi en cassation” contre cette condamnation “sans surprise”, ont annoncé les deux avocats de l’actrice, Me Francis Szpiner et Antoine Gitton.
Pour ces avocates, “ce comportement de la justice a peu de chances de réconforter les femmes dans un procès”.
Le 18 mai 2018, l’actrice porte plainte pour viol quelques heures après une rencontre dans un palace parisien dont les protagonistes ont donné deux versions : selon Sand Van Roy, une pénétration anale digitale imposée puis un évanouissement, malgré ses ordres de arrêt. Pour Luc Besson, un coït vaginal choyé imprégné de “doux”.
Deux mois plus tard, l’actrice porte plainte pour d’autres viols et agressions sexuelles commis entre 2016 et 2018, épisodes d’une « relation d’influence professionnelle » sous menaces de « représailles pour sa carrière d’actrice » avec qui créera la Cité du cinéma. . au nord de Paris.
Lors de l’enquête préliminaire, le cinéaste et l’actrice se sont affrontés en décembre 2018, faisant face à un classement sans suite en février 2019 par le parquet de Paris, qui a estimé qu’il ne pouvait pas “caractériser le crime dénoncé”.
L’actrice, qui apparaît dans “Valériane et la Cité des mille planètes” de Luc Besson, a déposé une nouvelle plainte et, malgré le refus du parquet de Paris, a obtenu une saisine d’un juge d’instruction en octobre 2019.
Deux ans plus tard, le 8 décembre, un autre juge d’instruction rendait une ordonnance de non-lieu invoquant “l’absence de toute preuve matérielle à l’appui des déclarations” du plaignant de 34 ans.
Lors de l’audience d’appel du 19 avril, le parquet a demandé confirmation du non-lieu.
Selon des extraits de l’arrêt rendu mardi, dont l’AFP a eu connaissance, la cour d’appel de Paris défend les “multiples investigations menées”, “malgré” le fait qu'”aucune accusation suffisante n’ait pu être relevée”.
“Subordination”
Un avis rejeté par Sand Van Roy et ses avocats, qui ont porté plainte contre le juge d’instruction pour “fausse” et contestation radicale du contenu de l’information judiciaire, selon son caractère partiel et incomplet.
Dans un communiqué mardi, les deux avocats ont énuméré leurs griefs : une consigne “où les droits du plaignant ont été systématiquement ignorés” et “ignorer les constatations médicales qui étayent la parole” de son client, un non-lieu par un magistrat qui ne l’a pas fait”. rencontrer le plaignant ou organiser une confrontation” avec le prévenu, un examen psychiatrique demandé pour Sand Van Roy mais pas pour M. Besson.
Ils ont récemment présenté une analyse de quatre médecins qui confirme l’existence et la compatibilité des blessures intimes de leur client avec leur version des faits rapportés.
“Il y a exactement 4 ans, j’ai fait la grosse erreur de croire que la France me protégerait quand j’ai appelé la police après le viol”, a déclaré l’actrice sur Twitter le 18 mai. Son compte Twitter n’était plus disponible mardi.
L’actrice a également demandé la récusation du président de la chambre de l’instruction, sur laquelle il n’a pas été statué dans l’immédiat.
Le producteur de 63 ans, connu sous le nom de “Le Grand Bleu”, le “Cinquième élément” ou “Léon”, a toujours nié les allégations et appelé à une liaison extraconjugale “légère et agréable”, mutuellement consensuelle.
“Je n’ai jamais physiquement ou moralement forcé une femme à quoi que ce soit”, a-t-elle déclaré en octobre 2019, évoquant des “regrets” concernant la relation “alors qu’il existe effectivement une relation de subordination”.
La productrice fait partie des personnalités françaises prises dans la vague d’accusations de femmes qui affirment avoir été victimes de viols ou d’agressions sexuelles suite à la chute du producteur américain Harvey Weinstein en octobre 2017.
Au tribunal, au moins trois femmes ont évoqué des faits allant de “baisers dans le cou” à “tentative de viol”, contestés par M. Besson. D’autres femmes avaient témoigné comparable à Mediapart.