DECISION: Le retour des touristes étrangers a apporté un soutien important à l’activité. La consommation des ménages, en revanche, a continué de baisser, tandis que l’inflation dépassait 6 % en juillet.
Dans le climat électrique qui caractérise les échanges économiques depuis l’invasion russe de l’Ukraine, l’exécutif peut être flatté d’aligner cette semaine des résultats solides. Après le chômage, qui a baissé de 0,8 % au deuxième trimestre, c’est au tour de la croissance de surprendre par sa résistance.
Entre avril et juin, selon les premières prévisions de l’INSEE, l’activité économique a crû de 0,5 % par rapport au trimestre précédent, soit le double de ce qui était attendu. Après la chute du premier trimestre (-0,2 %), cette embellie dissipe les craintes de récession. “Le chiffre de la croissance du deuxième trimestre est une victoire de l’économie française dans les moments difficiles”, a pu se réjouir Bruno Le Maire à l’issue du Conseil des ministres ce vendredi.
Signes de difficulté à respirer
L’excès de croissance, c’est-à-dire la hausse du Produit Intérieur Brut (PIB) si la production se stabilisait au niveau de fin juin, pour la France pour 2022 s’établit désormais à « 2,5 % à la fin du deuxième trimestre, au lieu de 1,9 % au fin.” du premier trimestre”, détaille l’INSEE. Ce bilan confirme donc la prévision du gouvernement, qui jusqu’à présent pouvait sembler un peu optimiste. Bercy table en effet sur une croissance de 2,5 % pour cette année, avant une baisse à 1,4 % en 2023. Le choc de la crise sanitaire est déjà bien effacé. L’activité économique est supérieure de 1% au niveau atteint fin 2019. L’INSEE prévoit une croissance de 0,25% au deuxième trimestre, la Banque de France de 0,2%. L’écart entre la réalité et ces attentes s’explique fondamentalement par la contribution clairement positive du commerce extérieur.
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Selon cette première estimation, les importations ont diminué de 0,6 % au deuxième trimestre, tandis que les exportations ont augmenté de 0,8 %. “La baisse des importations signifie que l’augmentation de la demande globale (externe et interne) ce trimestre a été satisfaite par une augmentation de la production et non par une augmentation des importations, et c’est en ce sens qu’elle contribue à la croissance du PIB”, a-t-il ajouté. explique. INSEE.
Pour Julien Pouget, chef du département cycle économique de l’Insee, “les touristes étrangers ont contribué à faire la différence”. Les voyageurs internationaux sont clairement revenus en France, après deux ans de restrictions. Ses dépenses ont encore augmenté de 8,6% ce trimestre après 5% plus tôt cette année. La croissance hexagonale devrait encore profiter de ce printemps touristique cet été, mais une fois les habitudes d’avant la pandémie rétablies, elle s’estompera.
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Ensuite, l’activité devra dépendre de la demande interne, et notamment de son pilier traditionnel, la consommation. Une perspective un peu inquiétante, car les ménages ont montré des signes clairs d’épuisement ces derniers temps. Bien que l’inflation se situe à des niveaux historiques, la consommation a reculé de 0,2% ce trimestre sous le poids de la baisse des achats de biens (-1,3%). La consommation de services et, en particulier, d’hébergement et de restauration (+8,9 %), en revanche, a de nouveau augmenté (+1,5 % au total).
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Augmentation du prix
Au regard des dizaines de milliards d’euros déversés par l’Etat sur six mois pour maintenir le pouvoir d’achat, cette baisse semble inquiétante. Ainsi, pour Gilles Moëc, chef économiste du groupe Axa, “c’est révélateur que la consommation continue de baisser malgré une généreuse politique de soutien. La relance budgétaire peine à compenser le revenu réel et/ou la perte de confiance des consommateurs dans un environnement difficile. » Du côté de la demande intérieure, la seule bonne nouvelle vient des investissements des entreprises, qui se maintiennent bien malgré la conjoncture économique complexe.
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« La confiance dans l’économie s’est nettement dégradée ces derniers mois, note l’économiste de HSBC Chantana Sam, mais la dégradation apparaît beaucoup plus prononcée chez les consommateurs que chez les chefs d’entreprise. Ainsi, l’indicateur de confiance des ménages de l’INSEE est tombé cette semaine à son plus bas niveau. depuis 2013, alors que le climat des affaires reste étonnamment légèrement au-dessus de sa moyenne de long terme.Alors que les entrepreneurs gardent en vue la bonne tenue du marché du travail, les particuliers s’inquiètent de l’inflation.
En juillet, la hausse des prix a atteint un niveau annuel record en France à 6,1 %, après 5,8 % en juin, le plus élevé depuis 1985. L’inflation a été tirée par la hausse des prix des services (+3,9 %) ainsi que de l’alimentation (+6,7 %) pendant un an. Les prix de l’énergie, en revanche, ont ralenti. L’INSEE calcule que le pic d’inflation proche de 7% sera atteint à l’automne. Le gel des prix publics de l’énergie réduit l’inflation française d’environ 2 points, ce qui explique l’écart avec la moyenne européenne de plus de 8 %. Mais ils ne peuvent pas durer éternellement. Le gouvernement s’attend à une inflation moyenne de 5 % cette année, qui diminuerait à 3,2 % l’an prochain. Des prévisions optimistes qui dépendent en grande partie des évolutions géopolitiques.
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