En commission parlementaire, le ministre Ben Weyts (N-VA) a estimé que cette école “ne contribuait pas à l’intégration ni à une société harmonieuse” en Flandre. Problème : Leurs partenaires majoritaires, le CD&V et l’Open VLD, jugent que le projet, s’il respecte les règles, ne peut être refusé en vertu du principe de liberté d’enseignement garanti par la Constitution.
Au centre de la polémique : le projet d’école baptisé Plura-C, le nouveau nom de l’école Selam à Genk. Cette école islamique avait par le passé été reconnue par la communauté flamande pour ses liens avec le mouvement islamiste conservateur Milli Görüs.
Afin de pouvoir désormais bénéficier du financement de la Communauté flamande, l’autorité organisatrice de l’école a apporté un certain nombre de modifications à son projet d’école. Des changements que les services flamands d’inspection de l’enseignement ont toutefois jugés insuffisants.
Contestant cet avis, l’école a finalement saisi le Conseil d’État qui a confirmé que les modifications apportées au projet n’avaient pas été suffisamment prises en compte par l’administration.
Tout en critiquant l’arrêt du Conseil d’Etat, Ben Weyts a affirmé jeudi que les services d’inspection avaient néanmoins entamé une nouvelle procédure d’évaluation. C’est à partir de cet avis qu’il sera décidé si Plura-C pourra ou non ouvrir ses portes en septembre prochain.
Le ministre nationalisé n’a toutefois pas caché jeudi ses réticences envers les écoles d’inspiration islamique en Flandre.
“Je ne vois pas comment ce type d’école peut contribuer à l’intégration et à une société harmonieuse. Nous ne rendons pas service aux enfants et aux parents concernés”, a-t-il déclaré.
Seul le Vlaams Belang partageait la position de Ben Weyts. L’Open VLD et le CD&V, les deux partenaires majoritaires de la N-VA, ont rappelé le principe de liberté d’enseignement garanti par la Constitution belge.
Se disant également peu favorable aux écoles islamiques, Jean-Jacques De Gucht (Open VLD) a toutefois rappelé que, compte tenu de la Constitution, il est “impossible de les interdire si elles respectent les règles”.
Le CD&V, à travers sa députée Hilal Yalçin, était encore plus fort. “On ne peut pas être peu favorable à la liberté d’enseignement. Pour le CD&V, la liberté de culte s’applique à toutes les philosophies, sans distinction, y compris l’islam”, a-t-il insisté, exhortant le ministre Weyts à examiner ce dossier “sans préjugés”.
L’opposition de Groen a également dénoncé l’attitude du ministre Weyts.