La démolition de la maison de Marc Dutroux à Marcinelle a commencé (PHOTOS)

Tous les symboles ne sont pas bons à conserver. L’ancienne maison de Marc Dutroux est trop vide dans cette petite rue ferroviaire de Marcinelle. Elle avait été recouverte d’une fresque, un enfant jouant avec une étoile, en hommage aux autres victimes qui étaient passées par là – et notamment à Julie et Mélissa qui y sont mortes, abandonnées dans une cache de la cave. Philippeville.

Mais depuis ce mardi matin, à 6 heures du matin, ouvriers et engins s’acharnent à démolir la “maison de l’horreur” sous la pluie et un ciel désespérément gris. Pour terminer! Vingt-six ans après la libération de Sabine et Laetitia.

La maison disparaîtra complètement. Les domaines viticoles resteront, c’était une demande des parents des petits, au cas où un jour la justice pourrait rouvrir le dossier. Le reste sera démoli, déconstruit plutôt parce qu’on y a trouvé de l’amiante, petit à petit. Plafonds et charpentes d’abord, le reste suivra.

Un jardin du souvenir, baptisé “Entre Terre et Ciel”, formera l’angle du carrefour, en remplacement de plusieurs maisons mitoyennes. Les bonnes années, un jardin en l’honneur des victimes occupera un lieu d’intérêt dans le quartier, fleuri, arboré, aéré. La fresque, devenue symbole malgré l’horreur qu’elle cachait, survivra dans la maison : elle sera reproduite sur l’un des murs blancs du jardin suspendu.

Depuis mardi, la cicatrice qui marquait cette banlieue de Charleroi a disparu. C’était long : au lendemain de l’embargo, les autorités municipales avaient acheté la maison pour 23 000 euros, qui étaient destinés à payer en partie les frais de justice des victimes. Au fil des ans, la Mairie de Charleroi a également racheté les maisons voisines. Les parents des petits ont d’abord voulu garder la maison de Dutroux intacte, ce qui a été respecté. Jusqu’à ce qu’ils acceptent de s’asseoir autour de la table pour parler de ce qui les attend : un mémorial, des plantes qui fleurissent toute l’année, une fresque, des pierres blanches, un éclairage… et surtout la conservation des chais, disponible si besoin. Cela a pris quelques années.

Tout cela coûtera à la collectivité environ 850 000 euros. “On paiera ce qu’il faut, ce n’est pas un débat”le maire de Charleroi en avait décidé au moment de l’annonce de la démolition, qui devrait durer jusqu’à fin 2023. Un projet pédagogique et mémoriel devrait également voir le jour, pour que ces horreurs ne se reproduisent plus jamais.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *