Les indications pré-commercialisation laissaient présager une première hausse du Cac 40… Mais la baisse s’est imposée d’emblée, s’accentuant progressivement au fur et à mesure de la séance. La journée s’est mal terminée avec une forte baisse à Paris comme sur toutes les places boursières. La raison ? Le ton « hawish » de la Réserve fédérale américaine, qui a affirmé qu’il faudra « temps contrôler l’inflation et les taux d’intérêt Fonds fédéraux continuera d’augmenter, même si cette stratégie ralentit la croissance. Mercredi soir, l’institution monétaire a, comme prévu, relevé ses taux directeurs de 75 points de base, pour les placer dans une fourchette de 1,50% à 1,75%, l’un des plus importants durcissements depuis 1994. L’invasion [de l’Ukraine par la Russie, ndrl] et les événements connexes créent une pression supplémentaire à la hausse sur les prix et pèsent sur l’activité économique mondialeexplique la Fed dans son communiqué. Les blocages de Covid en Chine visent à aggraver les tensions de la chaîne d’approvisionnement. Dans ce contexte, le président de la Fed, Jerome Powell, a noté que la hausse de 50 à 75 points de base était possible lors de la prochaine réunion en juillet. De manière générale, les membres du Comité de Politique Monétaire ont significativement augmenté leurs projections en termes de taux de référence, indiquant un taux de Fonds fédéraux 3,4 % à la fin de l’année et environ 3,8 % à la fin de 2023.
La vis tourne en série
Ces resserrements répétés vont-ils peser sur la croissance économique ? Le risque est élevé. Et la Fed s’engage à l’accepter. L’institution a également abaissé sa prévision de croissance pour 2022 de 2,8% à 1,7%, tout en relevant ses perspectives d’inflation de 4,3% à 5,2%. Il prévoit également une hausse du taux de chômage, qui atteindra 4,1 % en 2024 ». Cette prévision ne reflète pas encore une récession, mais l’application soudaine de freins monétaires par la Fed sera difficile pour l’économiesouligne Christian Scherrmann, économiste américain chez DWS.
La Fed n’est pas la seule à être la plus agressive. Jeudi matin, la Banque nationale suisse a annoncé une hausse surprise de 50 points de base de son principal taux d’intérêt à -0,25%, la première depuis 2007, et a indiqué qu’il pourrait en falloir davantage désormais. La Banque d’Angleterre, qui a rendu sa copie à 13h, a relevé son taux directeur de 25 points de base à 1,25%. Reste à savoir ce que fera la Banque du Japon. Vendredi sera en action.
En bourse, les investisseurs sont très prudents après ces annonces. A Paris, le Environ 40 a subi sa septième séance de repli en huit jours, avec une chute de 2,39% à 5.886,24 points, dans un volume d’échanges de 3,6 milliards d’euros. A Francfort, le Dax reculé de 3,1 %, le FTSE Mib 3% à Milan. de l’autre côté de l’Atlantique, le Dow Jonesla S&P 500 et le Nasdaq Composite a chuté entre 2,1% et 3,5%, l’indice des 30 industriels est même passé sous le seuil symbolique des 30 000 points pour la première fois depuis plus d’un an.
Sur le marché obligataire, les taux d’intérêt ont augmenté avant de faire le mouvement inverse. Ainsi, le rendement de l’obligation T à 10 ans a atteint un maximum de 3,491%, pour remonter à 3,3912 pour l’obligation à 2 ans. En Europe, le rendement obligataire italien à 10 ans a flirté avec les 4%, avant de revenir à 3,75% en fin de séance européenne. L’écart avec le Bund allemand de même échéance est de 2,1 %.
gaz eau
En termes de valeurs, les cycliques et les technologies ont subi parmi les plus fortes baisses du Cac 40, comme Saint Gobain (-6,53%), ArcelorMittal (-5,45%) et STMicroelectronics (-6,19%).
Outre l’indice phare, Engie c’était 7,29 %. L’énergéticien a relevé une baisse des livraisons de gaz suite aux nouvelles restrictions à l’exportation décidées par Moscou, mais a ajouté que les clients du groupe n’étaient pas concernés par la situation.
Ipsen perdu 3,68 %. Morgan Stanley a abaissé son objectif de cours sur le titre du groupe pharmaceutique de 90 à 80 euros, tout en conservant sa vision “infrarouge”.
Inversement, Euronext a augmenté de 1,54% après que JPMorgan a relevé sa recommandation sur la plateforme de trading de “neutre” à “super performante” à 101 euros.