La Loire est-elle vraiment au plus bas cet été ?

« La Loire n’a jamais été aussi basse ! Le spectacle saisissant de bancs de sable à perte de vue, sur la rive sud d’Orléans, le suggère. Mais qu’est-ce que c’est vraiment ? Le débit et le niveau de la Loire sont, en effet, particulièrement faibles, mais il y avait pire, avant la construction des barrages.

Le débit, d’abord : le 12 août, il oscillait entre 43 et 44 mètres cubes par seconde à Gien. Ces chiffres conditionnent la libération des grands barrages de Naussac et de Villerest. Le débit de la Loire à Orléans était encore plus faible : 30 mètres cubes par seconde, du fait de la perte dans les karsts (les débits initiaux sont alors en aval).

Alors la Loire a-t-elle jamais été aussi basse ?

“Pour caractériser précisément, d’un point de vue statistique, la baisse d’eau en 2022, il faut attendre que le débit revienne à la normale. Aujourd’hui on ne peut que faire des comparaisons”, répond la préfecture.

Et détaillez-les. “Nous n’avons pas connu ces débits en pleine Loire depuis la mise en service des barrages de Naussac et de Villerest au début des années 1980 et ils vont probablement encore diminuer. Nous approchons de l’étiage de 1949, durant lequel le débit à Gien est resté en dessous de 38. mètres cubes par seconde pendant près de quatre mois, avec un retour à des débits normaux seulement à la mi-novembre”, précisent les services de l’État. En 2003 (année de grande sécheresse), ces débits en pleine Loire n’étaient pas si faibles .

“La situation de nombreux affluents se dégrade”

Il est difficile d’évaluer les contributions des tempêtes annoncées pour ce week-end et le début de la semaine prochaine. “Pour le moment, selon les prévisions de Météo France, l’apport cumulé est estimé entre 10 et 20 mm et resterait donc faible. Météo France indique que les pluies de la semaine prochaine ne permettront pas de briser la sécheresse”, poursuivent les experts.

Pire : “La situation de nombreux affluents se dégrade et les débits intermédiaires, comme les aquifères de la Loire moyenne, se réduisent significativement, accentuant les étiages observés”. Par conséquent, la situation pourrait encore s’aggraver.

Anne-Marie Coursimault

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