La lutte contre la fraude électrise Vivaldi

La planète fiscale est en crise. Parce que le projet de réforme fiscale du groupe d’experts mandaté par le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) sera présenté le 5 juillet (lire ci-dessous), mais aussi parce que l’accord en comité interministériel, le 1er avril, le deuxième plan de lutte contre la fraude fiscale et sociale, a provoqué de vives discussions à Vivaldi. “C’est toujours la meme chose. Un accord est trouvé entre nous, puis le MR, quand on rentre dans les détails pour mettre en œuvre le texte législatif, fait des constats et n’est plus d’accord sur tout. Pet “lance cette source gouvernementale.

La période de 10 ans ne passe pas

Pour rappel, le deuxième plan de lutte contre l’évasion fiscale approuvé en avril prévoyait un paquet de 25 mesures de lutte contre l’évasion fiscale. Un plan “robuste” qui s’explique aussi par la volonté de Vivaldi d’augmenter drastiquement les performances de la lutte contre la fraude, à 1 milliard d’euros chaque année à partir de 2024. C’est 5 fois plus qu’en 2021 ! Deux mesures notamment font débat, dont l’instruction ordinaire et la période d’imposition, qui passerait de 3 à 4 ans avec une extension automatique à 10 ans pour les déclarations complexes, ce dernier terme étant entouré d’un flou total. Le fait que cela fasse l’objet de discussions n’est pas en soi une surprise. Peu après l’accord sur le schéma de ce plan, Georges-Louis Bouchez (MR) s’est levé, estimant qu’il allait trop loin. “L’allongement des délais à 10 ans apparaît comme un aveu d’impuissance des services de contrôle et un renforcement des pouvoirs d’arbitraire contre le contribuable.“.

La question a fait l’objet d’un nouveau débat entre les cabinets mercredi. Le domaine libéral”J’attendais de voir le texte adouci” mais c’est loin d’être terminé. « La réunion s’est terminée en inter-cabinet avec un statu quo. Chacun reste à ses postes. Cela devra remonter plus haut.», explique cette autre source gouvernementale. Ce jeudi, donc, ce seront les chefs d’état-major qui vont se battre. Mais pas seulement dans cette période de 10 ans…

Groupe de travail sur l’audit fiscal

Un autre point, encore plus sensible, suscite la polémique : la possibilité qu’elle sera donnée aux agents du fisc – notamment l’Inspection spéciale des impôts (ISI) – d’aider la justice dans le cadre d’évasion fiscale majeure. La constitution d’équipes pluridisciplinaires où il y aura concertation et coopération entre le parquet, la police judiciaire et l’administration fiscale est «également interrogé par le MR, mais à ce stade, le VLD est également en jeu“, nous disent-ils.

C’est tout simplement incompréhensible. La justice n’a pas de moyens et les agents du fisc ont des connaissances qui peuvent être utiles à la justice. Permettre aux agents de l’ISI d’intervenir dans les enquêtes criminelles relève du simple bon sens, mais les libéraux ne le veulent pas.“Côté libéral, justement, c’est pour l’instant”motus et gueule serrée pour que les négociations se déroulent sereinement“.

Mais il y a une réelle inquiétude : les pouvoirs laissés au fisc sont devenus excessifs. Faites ce que vous voulez avec les contribuables ou les entreprises qui en ont souvent besoin. Même les enquêtes menées illégalement sont validées (NDLR : c’est ce qu’on appelle la jurisprudence “Antigone”, alors qu’elle était à l’origine destinée à des fins pénales, et non fiscales). Cela devrait cesser”, explique une source libérale, qui ajoute que le cabinet financier a donné son accord à la constitution, avec le SPF Finances, d’un groupe de travail pour établir un courrier des contrôles fiscaux. C’est très bien – c’est un accord du gouvernement. “Une lettre fiscale sera établie, ainsi qu’un code de conduite de respect mutuel et de professionnalisme améliorer les relations entre les services du contrôle fiscal et les entrepreneurs dans le cadre de contrôles fiscaux et procédures anti-fraude”.

Kern la semaine prochaine

Pendant ce temps, nNous ne sommes plus dans un état de droit, et cela crée beaucoup d’incertitude dans les entreprises“Dit une autre source libérale. Bref, la lutte contre la fraude est au point mort.”Il reviendra très probablement dans le noyau la semaine prochaine“, nous disent-ils.

Ces nouveaux combats tombent mal. D’autant que la Cour des comptes, toujours dans le cadre de la lutte contre l’évasion fiscale, a jugé dans un rapport publié lundi que «les réglementations permettant aux autorités fiscales de contrôler l’obligation de déclaration des paiements effectués vers les paradis fiscaux manquent de clarté, sont difficiles à faire respecter et l’obligation même de déclaration peut facilement être contournée.“.

Avec cet audit meurtrier de 50 pages de la Cour des comptes et ces discussions en cours, on peut se demander si le gouvernement veut vraiment lutter contre la fraude.lance Vanessa Matz, députée fédérale (Les Engagés). Il y a une forme d’indécence à ne pas vouloir employer suffisamment de personnel pour lutter contre la fraude, le blanchiment d’argent et la délinquance financière, à ne pas pouvoir s’abstenir de postures, alors qu’on cherche désespérément de l’argent pour venir en aide à des personnes dans le besoin, auxquelles ils ne peuvent plus faire face. avec la crise de l’énergie et la hausse des prix. »

Réforme fiscale : projet officiel présenté le 5 juillet

Ces derniers jours, il y a eu de l’enthousiasme dans les milieux fiscaux et politiques. L’annonce d’un colloque le 5 juillet sur la réforme fiscale – le secret le mieux gardé du pays – y sera présentée par le professeur Mark Delanote (Ugent), mandaté par le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V) avec d’autres experts académiques pour marquer ledit projet de réforme , comme indiqué dans le communiqué du gouvernement. Le ministre dit en faire une priorité, tout comme son nouveau président de parti, Sammy Mahdi. “Lors du colloque, trois études seront présentées : le rapport du groupe d’experts de Marc Delanote, le dernier avis du CSF… qui n’a pas fuité et une étude sur la fiscalité et le climat», confirme le cabinet financier. La vision du coordonnateur de la réforme fiscale et l’étude sur les possibilités de verdissement de la fiscalité fédérale (notamment menée par l’Université de Saint-Louis) seront donc présentées pour la première fois au public.

De fait, il y a déjà eu quelques fuites ces derniers mois, ainsi que les travaux du Conseil supérieur des finances, qui ont alimenté le débat… et documenté les divergences entre les partis de la majorité. “On ne va pas se mentir, seuls le CD&V et Ecolo/Groen veulent cette réforme“, lance une source écologique.

Les bénéficiaires? La clé…

Peu importe, “la présentation du 5 juillet lancera le processus. Ne vous attendez pas à voir un scénario bien balisé en termes de charge de travail, l’un des principaux objectifs, car tout dépend des orientations prises par ailleurs, la réduction de certains écarts fiscaux par exemple. Tout est au bilan que les associés majoritaires pourront retrouver“, raconte l’un des experts ayant participé au groupe de Mark Delanote.

Je suis curieux de voir comment nos travaux alimenteront le projet de réforme fiscale. Une chose est certaine, l’enjeu sera de voir qui bénéficiera de cette réforme, qui répondra également à de nombreuses recommandations des institutions internationales (OCDE/FMI) en matière fiscale. Les anomalies fiscales seront corrigées, mais surtout il y aura des jeux de positionnement», poursuit l’expert du groupe Delanote, qui n’est pas membre du CSF (aucun membre du CSF ne siège dans le groupe Delanote, hormis Mark Delanote lui-même). Il va falloir oser dire qu’il y aura des gagnants et des perdants, mais surtout qu’il y aura surtout des gagnants aux côtés des personnes les plus aisées dans l’absolu, c’est inévitable. ». Un coin du voile devrait donc être dévoilé le 5 juillet.

“Un déni de démocratie”, selon Thierry Afschrift

Il y a quelques semaines, un projet CSF (lire Le gratuit du 10 mai 2022) a fait couler beaucoup d’encre. Pour rappel, le CSF recommandait trois types pour trois tranches d’imposition : de 0,000 à 15.000 euros avec un taux de 25%), de 15.001 à 100.000 euros (40%) et de 100.001 euros et plus (50%). Lors d’un débat organisé par la Fondation Forum for the Future le week-end dernier, quatre fiscalistes sont également revenus sur cette proposition et, plus généralement, sur les enjeux de cette réforme fiscale. Retour très critique. Mais surtout, les panélistes – Sabrina Scarna (Tetra Law), Thierry Afschrift (Association Afschrift), Thierry Litannie (Droit Fiscal) et Emmanuel Degrève (Deg & Parrners) – regrettent la méthode. “Le travail manque de transparencepour Thierry Transcript. On nous dit qu’il y a des avis du CSF, mais ils ne sont pas publiés, mais ils devraient l’être complètement pour qu’on puisse juger globalement, donner un avis plus scientifique. Il aurait été souhaitable que le débat public ait accès aux différents textes. En tant que citoyen, je trouve que derrière ce projet indigne se cache une forme de déni démocratique de la part de Vincent Van Peteghem.“.

De plus, selon les experts, il y a une forme d’incohérence dans le projet, estime Emmanuel Degrève : «On aurait dû commencer à réformer le CSF, car il sert la politique. Cependant, nous avons besoin de nouveaux organismes indépendants pour conseiller les entreprises. Cette hypocrisie d’expérience est stupide. Si le but est de lui demander d’écrire l’histoire que veut le ministre, qu’il l’écrive lui-même. Nous devrions…

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