La mission Artemis 1 de la NASA, qui décollera lundi, devrait durer au total 42 jours. Le voyage vers la Lune, sans astronaute à bord, est méticuleusement chorégraphié, et devrait permettre de récolter des images spectaculaires ainsi que de précieuses données scientifiques.
– retirer
La nouvelle fusée géante de la NASA, SLS, effectuera son vol inaugural depuis le Launch Complex 39B au Kennedy Space Center en Floride.
Ses quatre moteurs RS-25 et ses deux propulseurs blancs situés de chaque côté produiront 39 méganewtons de poussée, soit 15 % de plus que la fusée Saturn V du programme Apollo.
Au bout de deux minutes, les propulseurs retomberont dans l’océan Atlantique. Au bout de huit minutes, la scène principale (de couleur orange) se détachera à son tour.
Seul subsistera l’engin spatial Orion, dont les panneaux solaires seront ensuite déployés, attachés à l’étage supérieur de la fusée (ICPS). Après une orbite autour de la Terre, ce dernier donnera la poussée finale qui placera Orion sur la trajectoire de la Lune, environ 1h30 après son décollage, avant d’être relâché à son tour.
– Le chemin
Ensuite, le vaisseau ne sera composé que de la capsule où se trouveront les astronautes à l’avenir, propulsée par un module de service construit par l’Agence spatiale européenne (ESA).
Il lui faudra plusieurs jours pour atteindre la Lune, dont il s’approchera à son arrivée à seulement 100 km. “Ça va être spectaculaire, nous allons retenir notre souffle”, a déclaré le directeur de vol de la mission, Rick LaBrode.
La capsule sera ensuite placée sur une orbite lointaine, où elle effectuera un tour et demi de la Lune en un peu plus de deux semaines.
Elle ira jusqu’à 64 000 km derrière la Lune, un record pour une capsule habitable.
Puis, après avoir repassé la Lune pour profiter de son assistance gravitationnelle, elle entamera son voyage de retour.
– Amerrissage
L’objectif n°1 de la mission est de tester le bouclier thermique de la capsule, le plus grand jamais construit (5 m de diamètre). A son retour dans l’atmosphère terrestre, il devra supporter une vitesse de 40 000 km/h et une température de 2 800°C.
Le vaisseau spatial ralentira à 480 km/h dans l’atmosphère, puis à 32 km/h grâce à une série de parachutes, jusqu’à ce qu’il atterrisse dans la ville californienne de San Diego.
Les plongeurs y attacheront des câbles pour être remorqués en quelques heures à l’intérieur d’un navire de la marine américaine.
– Les passagers
La capsule transportera un mannequin nommé Moonikin Campos, installé dans le siège du commandant et vêtu de la nouvelle combinaison de la NASA. Il enregistrera l’accélération et les vibrations subies.
Egalement à bord : deux bustes de femmes, nommés Helga et Zohar, et réalisés dans des matériaux imitant des os ou encore des organes humains. L’un portera une veste anti-radiation, l’autre non.
Les capteurs permettront d’évaluer les niveaux de rayonnement reçus, notamment dans l’espace lointain, où ils sont beaucoup plus importants.
– Que verrons-nous ?
Un grand nombre de caméras embarquées permettront de suivre l’intégralité du trajet, par exemple du point de vue d’un passager dans la capsule.
Des caméras au bout des panneaux solaires prendront des selfies de l’engin avec la Lune et la Terre en arrière-plan.
– Expériences embarquées
La réalité pourrait se rapprocher de la science-fiction avec une expérience baptisée Callisto, et inspirée de l’ordinateur du vaisseau Star Trek, capable d’échanger avec l’équipage.
Il s’agit d’une version améliorée de l’assistant vocal Alexa d’Amazon, qui sera sollicité depuis le centre de contrôle pour régler la lumière dans la capsule ou pour lire les données de vol. L’idée est de faciliter la vie des astronautes à l’avenir.
De plus, un ensemble de dix CubeSats, des microsatellites de la taille d’une boîte à chaussures, sera déployé sur l’étage supérieur de la fusée.
Les expériences sont multiples : étude d’un astéroïde, effet des radiations sur les organismes vivants, recherche d’eau sur la Lune…
Ces projets, menés de manière indépendante par des entreprises ou des chercheurs internationaux, profitent de l’opportunité rare d’un lancement dans l’espace lointain.