Ce soir il diffuse la chaîne Arte La route des Indesle dernier film du réalisateur britannique David Lean (Laurence d’Arabie). Faut-il voir cette fresque de près de trois heures ?
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Réalisateur britannique nominé onze fois aux Oscars au cours de sa longue carrière (et deux fois primé), David Lean est sans conteste le cinéaste des grandes fresques et du lyrisme sur grand écran. On lui doit surtout les classiques Docteur Jivago (film interdit depuis longtemps en Russie), Le pont de la rivière Kwai et Laurence d’Arabie et le moins connu mais sublime La fille du capitaine. Lorsqu’il se lance dans l’adaptation du roman du même nom de EM Forster (à qui l’on doit surtout le livre qui a inspiré Retour à la fin d’Howard), le réalisateur n’a rien tourné depuis 14 ans. Il a maintenant 76 ans et n’est plus à son apogée. En conséquence, la prise de vue n’est pas facile. Il y a l’Inde, les milliers de figurants, les éléphants, la chaleur… Mais aussi les relations compliquées avec Judy Davisactrice qui joue le rôle principal, et découvre que Lean n’a plus le talent de sa jeunesse (elle a remporté sa seule nomination à l’Oscar de la meilleure actrice de sa carrière, mais bon…).
Choc culturel
La route des Indesce soir à Arte, suivez le parcours d’Adela Quested (Judy Davis), une jeune femme qui se rend en Inde avec Mme Moore pour trouver son futur mari, un magistrat de la Couronne dans la ville de Chandrapore. Descendante du paquebot transatlantique, elle découvre, curieuse et effrayée à la fois, la vie dans l’Inde coloniale. Malgré le choc des cultures, il s’intéresse tout de suite à ces traditions qu’il ne connaît pas. Elle sympathise particulièrement avec le gentil docteur Aziz. Ce dernier propose une journée à Adela et Mme Moore pour leur faire visiter les fabuleuses grottes de Marabar. Là, à cause de la chaleur, Mme Moore se sent mal et quitte l’expédition. Adèle continue. Jusqu’au moment où dans une grotte mystérieuse, elle est effrayée par l’écho qui porte des cris et des bruits d’un bout à l’autre du lieu), elle s’enfuit et accuse le Dr Aziz de l’avoir violée…
Un parcours remarquable
Avouons-le, La route des Indes ce n’est pas un film parfait. Il y a ce personnage de Godbole, le vieux brahmane, joué par le très britannique Alec Guiness. Aujourd’hui, c’est presque comique. Mais méfiez-vous! Même imparfait, le film est magnifique. Loin du lyrisme glamour auquel on pourrait s’attendre sur ce sujet, La route des Indes c’est une plongée réaliste, obsédante, presque effrayante dans un nouveau monde lumineux. Comment c’est David Lean, les images sont magnifiques, mais elles ne jouent pas avec l’exotisme d’une carte postale. Ce qui intéresse vraiment David Lean, c’est le chemin qu’empruntent Aziz et Adela pour s’affirmer. Son chemin est plein de récifs. Mais il est fascinant. Et ça continue avec grand plaisir.