Le tour de la Lettonie a vu son accès au gaz russe coupé. Le groupe gazier russe Gazprom a annoncé samedi 30 juillet avoir suspendu ses livraisons de gaz à la Lettonie, sur fond de tensions russo-occidentales autour du conflit en Ukraine et de sanctions européennes sans précédent contre la Russie. “Aujourd’hui, Gazprom a suspendu ses livraisons de gaz à la Lettonie (…), en raison de la violation des conditions d’apport de gaz”, a annoncé la société russe dans un communiqué sur Telegram, sans donner plus de détails.
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L’annonce intervient alors que Gazprom a fortement réduit les livraisons de gaz russe à l’Europe via le gazoduc Nord Stream cette semaine, invoquant la nécessité d’entretenir les turbines alors que les pays européens se démènent pour remplir leurs réserves pour l’hiver.
La Russie a déjà réduit son volume de livraison à deux reprises en juin, affirmant que le pipeline ne pouvait pas fonctionner normalement sans une turbine, qui était en cours de réparation au Canada et n’avait pas été renvoyée à la Russie en raison des sanctions occidentales après l’assaut russe contre l’Ukraine. L’Allemagne et le Canada ont depuis convenu de restituer l’équipement à la Russie, mais la turbine n’a pas encore été livrée.
Les Occidentaux accusent Moscou d’utiliser l’arme énergétique en représailles aux sanctions adoptées après l’offensive contre l’Ukraine. Le Kremlin assure, de son côté, que les sanctions sont à l’origine de problèmes techniques dans les infrastructures gazières et que l’Europe souffre, par conséquent, des mesures qu’il impose à la Russie.
“Le processus de maintien des dispositifs techniques est rendu très difficile par les sanctions adoptées par l’Europe”, a déclaré cette semaine le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov, assurant que Gazprom restait “un garant fiable de ses obligations et a livré” tout ce qui était nécessaire et autant que possible.”
Un plan pour prévenir les risques de pénurie
La Russie a été frappée par plusieurs séries de sanctions occidentales après le début de son intervention militaire en Ukraine le 24 février. Les exportations de gaz russe vers l’Europe, notamment vers l’Allemagne et l’Italie, sont en baisse constante depuis le début de ces sanctions. Gazprom a également coupé les livraisons de gaz à plusieurs clients européens qui refusaient de payer en roubles : Pologne, Bulgarie, Finlande, Danemark et Pays-Bas.
Les États baltes ont cessé d’importer du gaz russe le 1er avril, selon la société de stockage lettone Conexus Baltic Grid. Vendredi, le négociant letton en gaz naturel Latvijas Gaze a annoncé avoir repris ses achats de gaz à la Russie, sans préciser ses fournisseurs et assurer qu’il payait ses livraisons en euros.
Selon les données officielles sur les flux de gaz communiquées par la société Conexus, les livraisons de gaz au gazoduc letton ont fortement augmenté depuis le 21 juillet, avant de s’arrêter brutalement le vendredi 29 juillet.
Pour tenter d’éviter le risque de pénurie cet hiver, les 27 pays membres de l’UE se sont mis d’accord mardi sur un plan qui prévoit que chaque pays fera “tout son possible” pour réduire, d’ici mars 2023, sa consommation de gaz d’au moins 15% par rapport à la moyenne des cinq dernières années au cours de la même période. La Russie représentait environ 40 % des importations de gaz de l’UE jusqu’à l’année dernière.
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Le monde avec l’AFP