Une année de référence
Il faut attendre l’automne pour que la situation revienne à la normale. La sécheresse a marqué toute une génération, surtout en milieu rural. Hugues Falys est porte-parole de la FUGEA (Fédération unie des associations d’éleveurs et d’agriculteurs). Syndicat agricole qui soutient les politiques agricoles prônant l’autonomie paysanne et l’agriculture durable, c’est aussi un agriculteur du Hainaut. 1976, j’en ai entendu parler tout au long de ma carrière. Cela vient toujours à l’esprit : que faire à votre retour ? Nous avons vu des sécheresses régulièrement : 1993, 1994, 1995, 2018, 2019. En 2020 nous n’étions pas très loin de 1976. La sécheresse est un stress toujours présent dans une exploitation.
Une sécheresse qui met en lumière les faiblesses de l’agriculture de l’époque
En 1976, la sécheresse remettait déjà en question le modèle agricole marqué par une forte industrialisation. Dans une émission de Gérard Vallet. Un spécialiste pointe par exemple la monoculture et l’utilisation massive d’intrants chimiques qui appauvrissent l’humus des sols. 46 ans plus tard, Hugues Falys confirme le problème. L’humus est une matière organique qui se lie à l’argile. Il a une grande capacité de rétention d’eau. L’agriculture intensive, le travail du sol et les engrais phosphatés ont réduit le taux d’humus et augmenté la minéralisation. Cela rend les sols plus sensibles à la sécheresse et à l’érosion. Il est vrai que les choses se sont améliorées au cours des vingt dernières années. C’est l’agriculture de conservation des sols. Mais il n’est pas encore répandu.
Dans le podcast l’Histoire on continue, on approfondit la question de l’adaptation du modèle agricole aux sécheresses les plus fréquentes et les plus intenses dues au changement climatique.