La taxation des “super profits” également rejetée par le Sénat

Capture d’écran du Sénat public Le Sénat à majorité de droite a suivi les conseils du ministre de l’Economie Bruno Le Maire et a rejeté l’idée de taxer les “super profits” des grands groupes dans un contexte d’inflation très difficile pour certains foyers. .

Capture d’écran Sénat public

POLITIQUE – La France n’a pas l’intention de suivre les traces de certains autres Européens. Ce lundi 1er août, le Sénat à majorité de droite a rejeté, comme l’Assemblée nationale auparavant, l’idée d’un impôt sur les “super profits” ou “bénéfices exceptionnels” des grands groupes. Et cela malgré une offensive conjointe des gauchistes et des centristes.

Ainsi, tous les amendements au projet de budget rectificatif pour 2022 ont été rejetés – dont l’un avait été présenté par l’Union centriste – pour tenter de mettre en place cette taxation, déjà appliquée en Grande-Bretagne ou en Italie.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire avait aussitôt réitéré son opposition au “réflexe pavlovien de l’impôt”, arguant que les grandes entreprises “doivent participer à l’effort collectif, en rendant l’argent directement aux Français et non aux citoyens”. Trésorerie

.@BrunoLeMaire « Je me méfie des termes « impôts » et « super profits ». Je comprends le raisonnement derrière cela….

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“Vous réduisez les propositions des sénateurs à des ‘réflexes pavloviens’, mais les gardiens du Parlement que nous sommes veillent pourtant à la Nation avec un esprit de justice fiscale et sociale”, a répliqué l’élue centriste Sylvie Vermeillet.

Les socialistes misent sur l’énergie et les transports

Le groupe centriste a ainsi proposé d’instituer, pour les entreprises dont le bénéfice net aurait été supérieur de 20% en 2021 à la moyenne des trois années 2017, 2018 et 2019, une “contribution exceptionnelle de solidarité sur les super bénéfices” jusqu’à 20%

“On a pu voter pour un soutien exceptionnel (dans les entreprises, ndlr), aujourd’hui il me semble qu’on peut s’attendre à un apport exceptionnel”, a plaidé Sylvie Vermeillet. “Il n’y a rien de radical pour nous d’avoir un impôt limité dans le temps”, a appuyé sa collègue centriste Nathalie Goulet, dans un contexte où de nombreux collectifs comme TotalÉnergies, par exemple, annoncent des profits impressionnants.

Taxer @S_Vermeillet sur les super bénéfices : “Tous les pays voisins le mettent en place, je n’ai pas l’impression que…

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Mais l’amendement a été rejeté par 155 voix pour et 177 contre.

Dans le même ordre d’idées, le groupe PS a mis sur la table une taxe exceptionnelle de 25 % sur les super bénéfices des compagnies pétrolières et gazières, des compagnies maritimes, comme CMA CGM, et des concessionnaires d’autoroutes.

.@EricBocquet : « Tous les groupes du CAC 40 ont généré collectivement environ 174 milliards d’euros de bénéfices…

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Selon le PS, cette mesure aurait permis de récolter environ 4.000 millions d’euros pour Total, 925 millions d’euros pour Engie, 4.400 millions d’euros pour CMA-CGM, et 875 millions d’euros pour les concessionnaires d’autoroutes. “Cela rétablirait l’équité fiscale entre les entreprises françaises”, selon Rémi Féraud.

Une “apparence de justice sociale”, balaie la droite

“Il faut sortir de ce débat avec au moins un euro d’apport des entreprises”, a exhorté Pascal Savoldelli pour le groupe communiste majoritaire CRCE. Pour l’écologiste Daniel Breuiller, “il faut des petits impôts pour les petits revenus et des gros impôts pour les gros profits”.

“Tous ces amendements ont le goût sucré de mesures qui n’ont qu’une apparence de justice sociale”, a balayé le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau, les jugeant “faussement efficaces et faussement équitables”.

Entre autres arguments pour s’opposer à une taxe, le ministre Bruno Le Maire a mis en avant “la stabilité fiscale” qui n’a “pas de prix”.

“Les grandes entreprises vont faire un effort pour aider les Français”, a insisté sur ce point le chef des sénateurs RDPI, avec la majorité La République en marche, François Patriat. S’ils ne respectent pas leurs engagements, nous en tiendrons compte dans le futur budget”.

TotalEnergies a par exemple annoncé une remise de 20 centimes le litre de carburant à la pompe entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service, après 10 centimes le litre le reste de l’année.

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