A Mons, les premiers patients atteints de cette pathologie ont été détectés le mois dernier à l’hôpital Ambroise Paré. “Nous avons détecté six cas de monkeypox depuis début juillet et nous attendons la confirmation du test pour deux cas”, explique le Dr Camelia Rossi, chef du service des maladies infectieuses. Les symptômes de ces patients sont variés : “certains avaient des symptômes très légers, avec peu de lésions éparses, tandis que d’autres avaient un syndrome grippal et plutôt des lésions dans la région génito-anale, avec des démangeaisons…”.
Chez Ambroise Paré, tous les patients diagnostiqués sont des hommes. Les infections surviennent principalement chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, dit Sciensano, mais pas exclusivement. “24 des 540 cas recensés en Belgique ont assisté à une fête, mais sans avoir eu de rapport sexuel.” Quant aux femmes, “elles peuvent l’attraper, comme le montre une étude en Espagne qui a suivi 181 personnes infectées, dont 10 femmes”, rappelle le Dr Rossi. Ce mercredi, Sciensano indiquait justement qu’une première femme avait été infectée par ce virus en Belgique.
En milieu hospitalier, nous nous sommes adaptés à l’apparition de cette nouvelle maladie, tout en faisant attention de ne pas la voir partout : « il faut faire attention, mais ne pas diagnostiquer la variole du singe chez tous ceux qui ont des boutons. On prend le temps de questionner la les patients, on leur demande s’ils ont voyagé, s’ils ont été à un festival…” Concernant les précautions à prendre pour le personnel, ils portent un masque, toujours obligatoire à l’hôpital, et des gants.
Il est conseillé aux patients atteints de pathologie de s’isoler pendant un certain temps. “Ils doivent assurer une bonne hygiène des mains et attendre que les lésions cutanées atteignent le stade de croûte pour reprendre une vie normale.” Cela peut prendre de 7 à 14 jours “selon la gravité de l’infection”. AVIQ recommande 21 jours de mise à pied.
Les malades sont traités avec des antiviraux et Ambroise Paré doit encore s’occuper de patients qui nécessitent un traitement qui n’est pas disponible ici. “Si c’était le cas, nous nous efforcerions d’y parvenir”, indique le chef de service, qui rappelle que la meilleure prévention est la vaccination.
Problème : La quantité de doses est insuffisante en Belgique et des groupes prioritaires ont été définis. “C’est un peu dur à entendre pour les patients qui demandent et veulent être protégés, mais qui n’y ont pas accès car les critères sont stricts. C’est dommage car on suit des patients qui se protègent du VIH, et qui être facilement accessible ». Certains n’hésitent pas à passer la frontière pour se faire vacciner à Lille ou à Valenciennes.