“La variole du singe m’a causé une douleur atroce, pleure”

Jusqu’à ce qu’un vaccin et un traitement soient autorisés en Suisse, les malades du monkeypox souffrent en silence. De nombreuses personnes n’osent pas annoncer leur maladie par peur d’être stigmatisées. La RTS a pu recueillir le témoignage de l’un d’eux.

A la mi-juillet, Delphine* a mal à la gorge et de la fièvre. Elle pense qu’elle va avoir une grosse grippe, jusqu’à ce qu’elle ait des douleurs articulaires aux chevilles et aux poignets.

“Ces douleurs étaient incroyablement intenses, insupportables. La seule chose qui pouvait les calmer un peu était de s’allonger. Tant que les membres étaient verticaux, c’était comme pleurer. Ce genre de douleur est complètement nouveau, et je ne comprenais pas ça.”, déclare vendredi dans La Matinale.

Pas de plaies cutanées

Delphine, cependant, n’a pas d’éruption cutanée. Alors ne pensez pas encore à la variole du singe. Le premier test est négatif, mais ses doutes persistent. Quelques jours plus tard, il en fait un second, positif cette fois. Ce diagnostic tardif l’a aidée à échapper à un fort sentiment de culpabilité.

“Si j’avais su dès le départ, peut-être que j’aurais été stigmatisée. Je fais partie de la communauté LGBT, on sait qu’on est inquiets. Même si ce n’est pas une maladie sexuellement transmissible, parce qu’en ce moment il s’agit de personnes qui avoir une vie sociale et sexuellement un peu plus développée que la moyenne, j’aurais pu m’en vouloir et poser plein de questions sur comment j’aurais pu l’attraper Et comme l’incubation dure de cinq jours à trois semaines, va voir chez qui tu as rencontré , quand… Ne pas savoir était peut-être une douleur mentale que je n’ai pas ressentie.”

Delphine prend ses distances avec son entourage et évite de partager des objets, même si elle n’a toujours pas de lésions cutanées.

En attendant le vaccin

« Rapidement, nous recevons une lettre des autorités sanitaires nous disant que nous sommes en isolement et que cela pourra être levé lorsque les éruptions cutanées seront cicatrisées. Mais quand on n’en a pas, sur quoi se repose-t-on ?

Il se tourne vers son médecin, qui lève son isolement à la fin des symptômes, au bout de deux semaines. Il se bat maintenant pour que le vaccin et le traitement soient disponibles en Suisse.

“Si j’avais pu me faire vacciner plus tôt, je ne l’aurais peut-être pas eu. Je ne l’aurais peut-être pas transmis à quelqu’un, car même si j’avais fait attention, je l’aurais peut-être transmis davantage sans le savoir. Et surtout, J’aurais échappé à cette horrible souffrance.”

Anouk Pernet/asch

*Prénom supposé

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