L’ancien directeur du Louvre soupçonne un trafic d’antiquités. L’ancien directeur de musée Jean-Luc Martinez a été mis en examen mercredi à Paris pour faits de “blanchiment et complicité d’escroquerie organisée” et placé sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une enquête anti-traite. L’homme, aujourd’hui ambassadeur de la coopération internationale dans le domaine du patrimoine, a été libéré mais reste sous contrôle judiciaire, selon Le Monde.
Deux de ses collaborateurs, le chef du service des antiquités égyptiennes, Vincent Rondot et l’égyptologue Olivier Perdu, avaient été placés en garde à vue lundi par des policiers de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC), indique. Le canard enchaîné. Les deux spécialistes ont été libérés à ce stade sans procès, selon une source judiciaire.
L’origine d’un sillage questionné
Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir été impliqués dans un trafic d’œuvres, dont une veillée funèbre de Toutankhamon. L’affaire remonte à 2016. Cette année-là, le Louvre d’Abu Dhabi, une antenne du Musée de Paris, a acquis plusieurs antiquités égyptiennes, pour des dizaines de millions d’euros, selon l’hebdomadaire.
Parmi elles, une stèle de granit rose de 1m70, gravée au nom du roi Toutankhamon. Son origine, comme celle d’autres antiquités, est aujourd’hui discutable. Les enquêteurs soupçonnent la production de faux documents pour « blanchir » certains objets archéologiques pillés dans divers pays du Moyen-Orient. Ainsi, ces derniers tentent de savoir si Jean-Luc Martinez s’était « sali les yeux » sur les faux certificats d’origine en cinq pièces de l’antiquité égyptienne.
Un trafic qui toucherait des centaines de pièces
En juillet 2018, une enquête préliminaire a été ouverte sur des soupçons de trafic d’antiquités en provenance de pays instables du Moyen-Orient. Les investigations ont été confiées en février 2020 à un juge d’instruction. Ce trafic toucherait des centaines de pièces et coûterait plusieurs dizaines de millions d’euros, selon des sources proches à l’époque.
Dans cette affaire, au moins trois autres personnes sont poursuivies pour “escroquerie en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment d’argent en bande organisée”. Une experte en archéologie méditerranéenne et son mari ont été mis en examen en juin 2020 et soumis à un contrôle judiciaire. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir « blanchi » des objets archéologiques pillés dans plusieurs pays touchés par l’instabilité depuis l’apparition du Printemps arabe : Égypte, Libye, Yémen ou encore Syrie.