L’après-Draghi inquiète les Européens

Le président du Conseil italien, Mario Draghi, lors du Conseil européen de Bruxelles, le 24 juin 2022. JOHN THYS / AFP

Il leur manquait juste ça ! Entre la guerre en Ukraine, la bataille du gaz menée par Moscou, la hausse des prix, le risque de récession et le retour du Covid-19, les Européens s’attendaient à ce que Mario Draghi reste au pouvoir. Ces derniers jours ont vu avec inquiétude ce qui se passait sur la scène politique italienne et qui conduirait à la démission du Premier ministre italien le jeudi 21 juillet.

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“Le ballet des irresponsables contre Draghi peut provoquer une tempête parfaite”, a prévenu Paolo Gentiloni, le commissaire (italien) à l’Economie, mercredi soir à Bruxelles. “Bien sûr” que l’éventualité d’un départ de Mario Draghi à la tête du gouvernement “n’est pas une bonne nouvelle. En ces temps de crise, nous avons besoin de continuité au niveau gouvernemental”, a jugé mardi son homologue du marché intérieur, Thierry Breton. a besoin de dirigeants comme Mario Draghi”, a pour sa part plaidé, dans une tribune publiée ce mardi par le portail Politico, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez.

Lorsque l’ancien banquier central est arrivé au pouvoir en février 2021, l’Europe s’est réjouie. Après avoir sauvé la zone euro, rongée par la crise de la dette, en 2012, d’une courte phrase, promettant de “faire tout ce qu’il faut”, il pourrait trouver la recette pour remettre l’Italie, la troisième, sur les rails. l’économie de l’Union européenne (UE), profondément mise à mal par la crise sanitaire, on a voulu croire à Bruxelles. Qui mieux que « Super Mario » allait pouvoir mettre en œuvre les réformes attendues par la Commission pour lui verser les fonds que Rome peut réclamer (68,9 milliards d’euros d’aides et 122,6 milliards d’euros de prêts à taux bonifié) dans le cadre du Plan de relance européen de 750 milliards d’euros ?

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Des réformes à achever

L’Italie est (avec l’Espagne) le premier bénéficiaire de ce plan destiné à aider les Vingt-Sept à faire face aux ravages de la pandémie. Dans ce contexte, le succès de cette initiative historique – financée par une dette solidaire des Vingt-Sept – dépend en grande partie de Rome. Que l’Italie profite de cette manne pour réformer et relancer son économie sur de nouvelles bases et c’est toute l’UE qui en profitera. S’il échoue, il est certain que Berlin, La Haye et les autres « frugaux » ne renouvelleront plus jamais cette expérience de solidarité européenne. De ce point de vue, “l’avenir de l’Italie, c’est l’avenir de l’Europe”, confiait récemment au Monde, Jean Pisani-Ferry, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris.

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