La Première ministre Elisabeth Borne avait annoncé l’intention du gouvernement de renationaliser 100% d’EDF, lourdement endetté et incapable de lancer un nouveau programme nucléaire.
L’Assemblée nationale a voté ce mardi le financement par l’Etat de la renationalisation à 100% d’EDF, une opération de 9,7 milliards d’euros destinée à sortir le groupe de production et de distribution d’électricité de sa routine financière et industrielle.
Les députés ont voté ces crédits lors de l’examen du projet de budget rectificatif pour 2022 par 209 voix contre 156. Les écologistes ont dénoncé le “cours tout nucléaire” tandis que LR a déploré la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.
Au total, l’Assemblée a voté une dotation de 12,7 milliards d’euros pour d’éventuelles opérations d’accompagnement des entreprises stratégiques françaises au cours du second semestre.
“Nous faisons cette opération pour être totalement indépendants” et pour la “relance du programme nucléaire en France”, avec six nouveaux réacteurs EPR, a souligné le ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
“Le nucléaire a beaucoup souffert de l’abandon industriel ces dernières années”, a-t-il ajouté dans une ambiance révoltée.
“Les investisseurs privés ne viendront pas financer les six nouveaux réacteurs”, “des programmes à rendement trop lent” et “quand il s’agit de long terme, c’est l’investisseur public qui est le meilleur investisseur”, a-t-il dit.
“un chèque en blanc”
L’écologiste Sabrina Sebaihi a fustigé “l’ancien modèle tout nucléaire”, malgré le fait que “la moitié des centrales étaient fermées”, prônant les énergies renouvelables. Le communiste Nicolas Sansu a également dénoncé une décision “sans stratégie de socialisation des pertes et de privatisation des profits”.
Contre cette opération, le centriste Charles de Courson a estimé que “la bonne décision” était plutôt “d’agrandir le capital d’EDF”.
A droite, sans s’opposer à la mesure, le chef de file des députés LR Olivier Marleix a fait part de ses “regrets pour les dix ans d’abandon de la filière nucléaire”.
A l’extrême droite, dans une charge contre Emmanuel Macron, le RN Jean-Philippe Tanguy a voté contre un “chèque en blanc”, exigeant de refaire ce qui “fonctionnait avant” avec un “vrai monopole” d’EDF. Il a invoqué le Conseil national de la Résistance.
“Le Rassemblement national dit CNR, en tout cas, ne manque pas de sel”, a répondu Bruno Le Maire sous les applaudissements.
Le gouvernement détient déjà 84% d’EDF et compte lancer une offre publique (POA) qui se terminera fin octobre. Ce retour de l’État à 100 % dans EDF a été annoncé le 6 juillet par la Première ministre Élisabeth Borne.