L’avenir incertain du chèque-alimentation, encore reporté

Halles Sainte-Claire, Grenoble, 4 juin 2022. MORGAN FACHE POUR « LE MONDE »

Le “chèque alimentaire” n’apparaîtra finalement pas comme une mesure pérenne dans la loi pouvoir d’achat à mettre en place après les législatives. Après plusieurs jours d’incertitude sur les aides envisagées face à l’inflation (+ 4,8 % des prix de l’alimentation en un an selon l’INSEE), la première ministre Elisabeth Borne a confirmé mardi 7 juin au micro de France Bleu que le gouvernement opterait pour un système en deux temps : une aide aux ménages précaires pour faire face à l’inflation, qui serait versée en début de cursus, « directement sur le compte bancaire, en une fois » ; puis le gouvernement lancerait “une réflexion sur un dispositif visant à permettre à tous les Français d’accéder à des produits de qualité, des produits bio”.

Proposition issue de la convention citoyenne sur le climat, la mise en place d’un chèque alimentaire durable continue d’être rejetée par le gouvernement. A la réception des travaux de la convention le 29 juin 2020, le président Emmanuel Macron s’est pourtant montré enthousiaste, citant même cette proposition à la tête de ceux qu’il “désire”.[ait] voir reprises” : “Il propose des bons alimentaires pour permettre aux plus modestes d’acheter des produits de qualité, de cette agriculture que vous voulez transformer, de cette agroécologie dont vous voulez accélérer la promotion : vous avez raison”, avait-il déclaré.

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Malheureusement, quelques mois plus tard, la mesure n’apparaît pas dans le projet de loi climat et résilience que le gouvernement a initialement déposé. Seul un amendement demandant qu’un rapport de viabilité soit soumis au Parlement dans un délai de six mois est voté dans ce texte. Alors que plusieurs inspections interministérielles – l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS), l’Inspection générale des finances (IGF) et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et de l’espace rural (CGAAER) – ont effectué une mission conjointe à l’automne 2021., à l’écoute de divers acteurs du secteur de l’aide alimentaire et de l’agriculture, son rapport n’a jamais été publié, contrairement à ce que la loi exige.

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A l’Assemblée nationale, le 18 janvier, Julien Denormandie, alors ministre de l’Agriculture, a déclaré : . La forte inflation post-conflit en Ukraine a remis cet instrument à l’honneur, Emmanuel Macron s’engageant à en faire l’une de ses premières mesures de pouvoir d’achat.

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