Bruxelles est, politiquement, un concentré, de manière plus compliquée, de tout ce que la Belgique considère comme dysfonctionnel.
Au sein du gouvernement bruxellois, les affrontements idéologiques ont vu socialistes et écologistes se déchirer entre des questions clés comme la charge du kilomètre et la nature sauvage de Josaphat. PS et Écolo scrap avec Bernard Clerfayt (Défi) dans le voile, l’abattage rituel et l’indexation des loyers. Les guerres d’ego se déroulent entre Pascal Smet et Elke Van den Brandt. Des différences culturelles apparaissent entre Flamands et francophones. Les groupes parlementaires prennent des libertés avec leur ministre. Les présidents interviennent dans les dossiers.
A ces crises s’ajoute l’affaire Uber qui menace Pascal Smet. La commission d’enquête, sollicitée par le PS pour faire la lumière sur les pratiques d’Uber, pourrait finir par affaiblir le gouvernement, ou du moins l’un de ses membres. Pour Rudi Vervoort, ce dernier mandat de ministre-président prend des allures de Via Crucis…
Le péché originel réside dans les négociations accélérées pour la formation d’un gouvernement en deux mois, afin de maintenir le MR dans l’opposition. A ce programme trop flou, négocié par les dirigeants partis depuis, s’ajoute l’érosion du PS à Bruxelles qui exacerbe les rivalités.
Mais aussi l’inexpérience des ministres novices Elke Van den Brandt, Alain Maron ou Nawal Ben Hamou, quand Rudi Vervoort avait noué une relation de confiance avec des élus comme Guy Vanhengel, Didier Gosuin et Céline Fremault.
Vervoort n’est pas responsable de toutes les erreurs de son exécutif. Mais la question du manque de leadership au sein de ce gouvernement ne peut être éludée.
“Rudi fait un travail important, mais il doit être plus affirmé. Il n’impose pas», a déclaré Smet la semaine dernière. Est-ce que quelqu’un d’autre ferait mieux ? Rudi Vervoort dit qu’il ira jusqu’au bout de sa mission. Les dossiers s’enlisent.