Le CHU de Bordeaux condamné après le décès d’un patient soigné tardivement

Le CHU de Bordeaux a reçu mardi l’ordre d’indemniser la famille d’une patiente de 48 ans décédée le 10 mars 2018 dans l’hôpital où elle avait attendu plus de dix heures avant d’être transférée en réanimation, selon un décision de la Cour. .administratif.

“Le retard dans la prise en charge du service de réanimation dû à la sous-estimation de la gravité de l’état de santé de Mme B (…) révèle un défaut d’organisation et de fonctionnement du service public hospitalier, de nature à compromettre la responsabilité du CHU de Bordeaux », souligne le tribunal dans sa sentence. Le tribunal a condamné le CHU à verser la somme de 47 378 euros à la succession du patient et aux héritiers à titre de dommages et intérêts.

Le patient, atteint de la maladie de Still, un syndrome inflammatoire rare, avait été admis aux urgences du CHU de Bordeaux le 28 février 2018 après un malaise dans l’avion. On lui avait diagnostiqué une pneumonie droite et on lui avait prescrit des antibiotiques.

Le “retard dans la prise de fonction” a causé une perte d’opportunités d’environ 50%

La patiente, mère de deux enfants, a été de nouveau admise le 8 mars à 10 heures au CHU, à l’hôpital Haut-Lévêque où elle était suivie, avec de la fièvre et une pression artérielle basse. Mais son état s’était aggravé et vers 12h30. Malgré l’appel au Samu, l’équipe médicale d’urgence n’est arrivée qu’à 20h30 pour la transférer en réanimation où elle est décédée deux jours plus tard d’un syndrome de détresse respiratoire aiguë.

Le tribunal a estimé que le “retard de prise en charge” de la patiente en réanimation lui avait fait perdre 50% de chance de survie. Dans un communiqué, le CHU de Bordeaux “accepte la condamnation telle que formulée par le tribunal. L’établissement ne fera pas appel de cette condamnation et assumera les conséquences économiques pour la famille du patient”.

Lors de l’audience, la défense du CHU avait soutenu que la prise en charge du patient était “conforme aux règles” et qu’aucun lien de causalité ne pouvait être établi “entre les manquements allégués et le décès dont la cause n’est pas déterminée”. “Aucune culpabilité ne peut être reconnue dans les soins de Mme B dans la détermination du diagnostic, dans l’organisation du service et dans le suivi du patient”, avait également souligné la défense du CHU.

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