Le Conseil national de refondation proposé par Emmanuel Macron pointe du doigt l’opposition

Un “artifice” dicté par le “cynisme”. Les groupes d’opposition ont appelé à un référendum sur Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse, vendredi 3 juin, pour mettre en place un “Conseil national de refondation” pour “agir rapidement et avec force”. Cette instance doit réunir, au lendemain des élections législatives des 12 et 19 juin, les forces politiques, économiques, sociales et associatives du pays, ainsi que les citoyens puisés, pour mettre en œuvre des réformes qui touchent au pouvoir d’achat, à l’écologie, aux institutions. et retraites.

Les opposants – de droite et de gauche – ont dénoncé une tentative de contournement du Parlement comme signe d’un manque de direction politique, tout en remettant en cause la référence au Conseil national de la Résistance (CNR).

« Peut-on jouer avec les institutions ? »

Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, a dit voir dans la proposition présidentielle le stigmate d’un “vide politique” qui “tente de se cacher derrière la grandiloquence des mots et le poids de l’artifice”. « Est-ce qu’Emmanuel Macron a si peu d’estime pour les Français qu’il croit pouvoir leur faire avaler cette vieille soupe ? “, Il a demandé.

« A quoi va servir l’Assemblée nationale ? a demandé son collègue socialiste Jean-Pierre Sueur, questeur du Palais du Luxembourg et ancien président de sa commission de droit constitutionnel. « Alors que les élections législatives n’ont pas eu lieu, Emmanuel Macron annonce la création d’une instance ad hoc (Conseil national pour la refondation) dont les prérogatives sont les… du Parlement ! Peut-on jouer avec des institutions comme celle-ci ? “, s’est-il inquiété.

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M. Macron “va bientôt découvrir l’Assemblée nationale”, ironise pour sa part l’eurodéputé François-Xavier Bellamy (LR) sur franceinfo. “Qu’Emmanuel Macron commence à respecter ce qui existe déjà dans nos institutions”, a-t-il ajouté, déplorant également l’allusion au CNR. “La comparaison n’est pas la raison et la communication n’est pas l’action”, a-t-il dit, jugeant un peu indécent. [de] une tentative de transférer une telle époque à la nôtre ».

Pour Marine Le Pen, il s’agit de la “énième astuce” trouvée par un chef de l’Etat qui se caractérise par “sa brutalité et son mépris” “pour lui faire croire qu’il va changer sa politique et sa façon de gouverner”. La référence à la Résistance n’a pas non plus convaincu Florian Philippot, président du parti Les Patriotes et ancien bras droit de Mme Le Pen : « Le CNR a créé la Sécurité sociale, il veut la privatiser ; le CNR a nationalisé l’énergie, Macron est en train de la démanteler (…) ».

“Faisons un bla bla”

La proposition de créer ce conseil est le signe que le chef de l’Etat “n’a aucune idée”, a dénoncé Jean-Luc Mélenchon à Lyon, où il s’était rendu soutenir les candidats de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) aux législatives. . élections. “Cinq ans de gouvernement, une crise pandémique mondiale majeure, et il a dit : ‘Qu’est-ce qu’on peut bien faire ? Eh bien, parlons de ce qu’il faut faire.

Le député Alexis Corbière (LFI) a évoqué un “conseil national de manipulation” sur franceinfo, qu’il a jugé “ridicule”, rappelant la convention citoyenne sur le climat – que M. Macron a dit “ne pas respecter”. les propositions. Pour lui, l’idée évoquée par le chef de l’Etat n’est due qu’au fait qu’il “sent le danger”, c’est-à-dire une défaite aux législatives.

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Le monde

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