Le discours explosif d’Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, sur les entreprises à mission

“Je rêverais de me lever chaque matin en me disant que je sauverai la planète”, a déclaré le PDG de Carrefour lors d’un débat sur les entreprises à mission aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence le 9 juillet 2022. n’est pas mon rôle. Ma vocation : c’est de créer de la valeur”, a déclaré sans détour le dirigeant du groupe de distribution.

Ce débat, qui a réuni plusieurs chefs d’entreprise, s’intitulait Entreprises à Mission, Moteur d’un Nouveau Capitalisme. Introduit en 2019 par la loi Pacte, ce « statut » permet à une entreprise d’affirmer une finalité qui va au-delà de ses seuls objectifs de croissance et de profit. Alors que de plus en plus d’entreprises adhèrent à ce changement de paradigme, Alexandre Bompard poursuit en toute sincérité : « Nous prenons ces engagements pour notre bénéfice. Les leviers de transformation sont nos clients et nos collaborateurs. Les étiquettes ne me font pas de compromis. » Selon lui, il faut être convaincu de l’intérêt de réussir à impliquer vos clients et vos équipes dans ces changements pour aller au-delà du simple greenwashing.

Il y en a d’autres, comme Jean-Dominique Senard à la tête du groupe Renault qui a appelé les jeunes à “tenir”. Co-auteur d’un rapport sur l’entreprise et l’intérêt général, c’est un statut qu’il défend très bien. “Le capital responsable progresse. Les entreprises ne font plus que des bénéfices », a-t-il déclaré.

Un discours s’adressant surtout aux jeunes, notamment ceux qui prônent la décroissance comme seule solution au changement climatique. “L’arrêt n’est pas le problème. Vos intentions ne sont peut-être pas mauvaises, mais n’abandonnez pas. Sinon, c’est le monde extérieur qui sera chargé de créer les transitions “écologiques” dont vous êtes le premier à bien parler”, a longtemps insisté le président du groupe automobile.

Lire aussi : Entreprises à mission : mode ou tremplin vers un capitalisme raisonné ?

Plus de 670 entreprises avec une mission

Atteindre un équilibre entre croissance, impact environnemental et social ; tel est le défi auquel les chefs d’entreprise sont confrontés aujourd’hui. « Il est clair que la croissance est importante pour une entreprise, mais elle est appelée à jouer un rôle social. Désormais sa survie en dépend », en est convaincu Pascal Demurger, directeur général de la Maif assurance, devenue une entreprise à mission en 2020. « Nous sommes une entreprise mais nous devons garantir notre croissance. Le problème du capitalisme est d’aller au-delà du court terme. Seul l’État peut aider les entreprises à se projeter sur le long terme », a-t-il ajouté.

Un avis loin d’être partagé par Alexandre Bompard : « Je n’attends pas de l’Etat qu’il fixe mes objectifs. Je ne pense pas non plus qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises entreprises. Il n’y a pas d’entreprises avec une mission d’un côté et de l’autre moins éthique. »

Une fois qu’un groupe est devenu une entreprise à mission, c’est-à-dire qu’il a écrit noir sur blanc ses engagements envers ses clients, ses collaborateurs, il est impossible de revenir en arrière. « Nous créons quelque chose d’irréversible », confirme Bris Rocher. Le PDG du groupe cosmétique breton est également l’auteur d’un rapport sur la gouvernance d’entreprise responsable.

Mais de plus en plus d’entreprises sautent le pas. En juin 2021, la France en comptait 206 contre 672 en juillet 2022. « Des marques comme Aigle, Danone, Maif sont devenues des entreprises à mission. Et une première ? Ils sont toujours en vie ! », a plaisanté Bris Rocher. Ce qui n’a pas fait rire Alexandre Bompard.

Le discours explosif d’Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, sur les entreprises à missionDÉVELOPPER chevron_leftchevron_right

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *