“Nous recherchons un territoire emblématique des grandes transformations socio-économiques des quartiers populaires au cours du XXe siècle”, a déclaré Diane Chamboduc, professeure d’histoire-géographie et vice-présidente de l’Association pour un musée de l’habitat populaire (Amulop).
Cette association, qui regroupe une quinzaine d’enseignants, chercheurs et archivistes, pour la plupart de Seine-Saint-Denis, porte le projet de musée de raconter l’histoire à travers les expériences des habitants de la banlieue. Les quelque 5 700 personnes venues ces neuf derniers mois visiter l’exposition dans l’urbanisation Emile-Dubois d’Aubervilliers – entre maisons témoins, richesse documentaire et histoires de famille – l’encouragent à perdurer.
Prochaine étape : trouver un lieu adapté pour abriter un musée permanent, pour 2024-2028. L’association appelle les bailleurs, les HLM et les pouvoirs publics à dénicher la perle rare. “Un bâtiment relativement ancien, au tournant du 19e-20e siècle” idéalement, pour “la profondeur historique”, et desservi par les transports en commun pour faciliter son rayonnement touristique, précise Diane Chamboduc.
Son passé industriel et ouvrier, sa population “formée par différentes vagues migratoires”, ses grandes mutations urbaines mais aussi la “grande fragilité socio-économique d’une partie de sa population” font de la Seine-Saint-Denis “le territoire idéal pour expliquer l’histoire sociale de la banlieue parisienne », explique Amulop.
Le futur musée veut capter les parcours de vie des habitants “dans une démarche participative”, s’écartant en cela des exemples de la Cité radieuse de Marseille ou du Familistère de Guise (Aisne), pour se rapprocher du modèle du Tenement Museum. dans le Lower East, à côté de New York. “Je veux que ce premier musée français soit en Seine-Saint-Denis”, a déclaré Stéphane Troussel, président (PS) du conseil départemental, qui a lui-même grandi dans les tours.
“C’est la spécificité française d’avoir le logement social comme élément du patrimoine commun, notamment pour ceux qui justement n’ont pas de patrimoine”, a-t-il insisté, réaffirmant un soutien financier à l’association. Le musée racontera “une histoire de France certes, mais aussi une histoire universelle” et surtout “une fierté d’être ici”, loin des clichés, a déclaré Emmanuel Bellanger, directeur du Centre d’histoire sociale des mondes contemporains, associé à le projet ..