A Sandillon (Loiret), le 26 mai 2022. THOMAS COEX / AFP
Le glyphosate vient de franchir une étape importante vers une nouvelle autorisation dans l’Union européenne. L’Agence européenne des produits chimiques (EchA) a annoncé lundi 30 mai la conclusion de son évaluation de l’herbicide controversé, le pesticide de synthèse le plus utilisé au monde. Comme en 2017, l’EChA considère que le glyphosate n’est ni cancérogène, ni mutagène, ni toxique pour la reproduction, ni prouvé (niveau de preuve le plus élevé) ni simplement supposé (niveau de preuve intermédiaire).
L’avis de l’EChA a été déterminant pour l’avenir du glyphosate. Si l’agence européenne, basée à Helsinki, avait classé le célèbre herbicide dans l’une de ces catégories, il n’aurait pas pu être ré-autorisé après l’expiration de sa licence fin 2022. La réglementation européenne interdit en effet, en théorie, l’arrivée sur le marché des pesticides répondant à ces critères de dangerosité (cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction). Ainsi, l’EChA considère le produit dangereux uniquement pour les yeux des utilisateurs et toxique pour les organismes aquatiques, dont deux caractéristiques n’entraînent pas le rejet automatique de la demande d’autorisation.
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Prochaine étape : l’avis de l’autre agence européenne impliquée dans le processus, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Cette évaluation des risques inhérents à l’utilisation du glyphosate – pour les travailleurs, les consommateurs et l’environnement – initialement prévue au second semestre 2022, a été reportée à juillet 2023 en raison du grand nombre de commentaires reçus par l’EFSA sur la phase préliminaire. . rapport d’expert, au nom de la société civile et des États membres.
Pendant ce temps, la controverse scientifique sur les dangers de la substance ne diminue pas. Le point de vue de l’EChA est toujours en contradiction avec celui du Centre international de recherche sur le cancer, qui a statué en mars 2015 que le glyphosate devait être classé comme “susceptible d’être cancérogène pour l’homme”.
différences scientifiques
Les écarts se sont accentués même avec la publication, en juin 2021, de l’expertise collective “Picicides et Santé” de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Des scientifiques mandatés par l’Inserm estiment qu’il existe une “présomption moyenne” d’un lien entre le glyphosate et certains cancers lymphatiques. Au contraire, selon les experts du Comité d’évaluation des risques (RAC) de l’EChA, ce lien n’existe pas.
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