Le chef du groupe Volkswagen, Herbert Diess, lors de l’ouverture de la première usine de batteries de VW, ‘SalzGiga’, à Salzgitter, en Allemagne, le 7 juillet 2022. FABRIZIO BENSCH / REUTERS
Il était assis sur un siège éjectable, mais son départ a tout de même été une surprise, pour ne pas dire un tonnerre. Herbert Diess, le patron emblématique et controversé de Volkswagen (VW), quittera ses fonctions le 1er septembre, a annoncé le géant allemand de l’automobile à l’issue d’une réunion de son conseil de surveillance vendredi 22 juillet. A 63 ans, M. Diess sera remplacé par Oliver Blume, 54 ans, actuel président du conseil d’administration de Porsche, l’une des douze marques du groupe VW.
Le communiqué annonçant le départ de M. Diess a beau préciser qu’il a été décidé “d’un commun accord”, la formule ne doit pas être trompeuse. Arrivé à la tête de VW au printemps 2018, cet homme connu pour son discours cassant et sa gestion rugueuse était sur la sellette depuis plus de deux ans.
“Casser les anciennes structures embarquées”
En juin 2020, il avait déjà sauvé de justesse son emploi après avoir dû s’excuser d’avoir accusé certains membres du conseil de surveillance d’avoir “illégalement” divulgué des informations à la presse. Six mois plus tard, il met le groupe dans la tourmente en publiant une longue tribune sur le réseau social LinkedIn sous le titre : « C’est comme ça qu’on change Volkswagen. Dans ce texte au vitriol, il regrettait notamment de ne pas avoir réussi à “casser les anciennes structures enchâssées” de l’entreprise, “notamment au siège du groupe à Wolfsburg” (Basse-Saxe). Cette mission a été particulièrement ressentie par le puissant « Betriebsrat », le comité des salariés du groupe, contrôlé par le syndicat IG Metall.
Une nouvelle tempête avait éclaté en septembre 2021 lorsque, lors d’une réunion du conseil de surveillance, M. Diess avait laissé entendre qu’il y avait 30 000 emplois de trop dans le groupe, qui en compte 660 000 dans le monde, dont la moitié en Allemagne. Face à l’émotion que suscitaient ses propos, il a dû préciser qu’il ne s’agissait que d’un “scénario extrême”, dans l’hypothèse où l’entreprise ne parviendrait pas à achever sa transformation vers l’électrique et le numérique, sa mission principale pour laquelle cette vieille BMW s’était a été. choisi pour diriger la marque Volkswagen, en 2015, puis le groupe, trois ans plus tard.
Toujours à l’automne 2021, son image a encore été ternie lorsqu’il a annoncé qu’il n’assisterait pas à une réunion du personnel pour se rendre à une réunion avec des investisseurs aux États-Unis. S’il avait finalement reculé, cet épisode avait encore contribué à dégrader ses relations avec le comité des salariés essentiels et sa nouvelle présidente, Daniela Cavallo, première femme nommée à ce poste très stratégique, en poste depuis le printemps 2021.
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