Le Parlement européen rejette une réforme clé pour atteindre la neutralité carbone

Parlement européen, Strasbourg, 8 juin 2022. JEAN-FRANCOIS BADIAS / AP

Pommes de terre au Parlement européen. Ce qui aurait dû être un moment historique à Strasbourg est devenu, mercredi 8 juin, un véritable vaudeville politique dont la transition climatique a été victime. Si les eurodéputés ont approuvé la fin de la commercialisation de la quasi-totalité des véhicules thermiques en 2035, ils ne sont pas parvenus à un accord sur l’une des réformes clés pour l’Union européenne (UE) pour atteindre, comme promis, la neutralité carbone en 2050.

Bien qu’ils aient été appelés à voter sur plusieurs textes – huit au total – piliers du « green deal » européen, ils ont remis en cause, par des jeux d’alliances successifs et contre nature, la réforme du marché du carbone (dit ETS, pour le trading d’émissions) . système) sur lequel s’échangent les permis d’émission de CO2 et qui est au centre de l’action communautaire en matière de climat.

Le 14 juillet 2021, la Commission européenne a présenté quatorze propositions législatives visant à mettre en œuvre la transition climatique qui doivent permettre aux Vingt-Sept de réduire leurs émissions de CO2 de 55 % d’ici 2030, et ainsi mettre en place la mise en conformité avec l’accord de Paris sur le climat qui est en cours. . Depuis lors, les États membres d’une part et les eurodéputés d’autre part ont travaillé pour essayer de s’entendre sur leur position, avant d’entamer des négociations entre eux pour trouver un compromis final. Le Parlement européen devait valider mercredi cette première étape, que les capitales, à leur tour, veulent boucler avant l’été.

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Ces derniers jours, Pascal Canfin, eurodéputé macroniste (Renew) qui préside la commission de l’environnement du Parlement européen, avait intensifié les pourparlers pour parvenir à un accord avec les principaux groupes politiques de l’institution. Il savait qu’il serait difficile de s’entendre avec les conservateurs du PPE, qui se sont “radicalisés ces derniers mois”, pour reprendre son expression. Ils se sont “approchés des positions climato-sceptiques de l’extrême droite”, dit-il, après avoir perdu plusieurs élections en Europe, notamment en Allemagne, où la CDU n’est plus au pouvoir.

Amendements PPE

En effet, le PPE, qui soutenait encore il y a un an le “green deal” d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, avait récemment renforcé sa position. Sensible aux arguments des industriels les plus réticents au changement, le groupe a également déposé une multitude d’amendements visant à ralentir la transition écologique.

“Les libéraux et les socialistes sont également très résistants à l’action climatique”, a déclaré Philippe Lamberts, président des Verts au Parlement européen. Au sein des libéraux Renew, certaines délégations, notamment finlandaise et italienne, ont également souhaité freiner la transition écologique. Comme les Italiens, les Espagnols ou les sociaux-démocrates roumains (S&D).

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