Le portier du Café condamné pour viol à 50 mois de prison

Le parquet de Bruxelles avait requis 50 mois de prison pour un gorille de 45 ans accusé d’avoir commis un viol en mars 2019 à El Café à Ixelles.

Le mouvement #balancetonbar est né en octobre 2021 de la colère suscitée par des accusations d’agressions sexuelles sur deux établissements du cimetière d’Ixelles à Bruxelles. – Belgique. Par Laurence Wauters Publié le 28/06/2022 à 10:32 Temps de lecture : 3 min

Un homme de 45 ans, ancien concierge du restaurant-bar mexicain “El Café”, a été condamné mardi à 50 mois de prison par un tribunal correctionnel de Bruxelles. Il n’avait pas de casier judiciaire, mais compte tenu de la gravité des faits, il n’a pas été accordé de suspense.

Le viol remonte à la nuit du 1er au 2 mars 2019. La victime, alors âgée de 20 ans, fêtait un anniversaire dans ce lieu festif du cimetière d’Ixelles. Sortant reprendre son souffle devant l’établissement, il avait échangé quelques mots avec l’accusé, qui avait été trop gentil et qu’il avait remis à sa place. L’après-midi avait duré et la jeune femme, pendant que l’endroit se vidait, s’était rendue aux toilettes. Le rendez-vous l’avait suivi, l’avait poussé dans l’une des toilettes, et là l’avait forcé, pendant une longue scène de 30 minutes et sous la menace, à lui faire deux fellations.

La victime a ensuite pris la fuite à pied, direction la gare d’Etterbeek où un SDF est passé devant elle en état de choc et en larmes. C’était lui qui avait appelé la police ; la jeune femme avait été orientée vers un centre d’accueil pour victimes de violences sexuelles (CPVS).

Le jugement rendu mardi précise que la partie civile est restée constante dans ses accusations et n’avait aucun intérêt à les soutenir. En revanche, il met en lumière des variations et des incohérences dans les déclarations du quadragénaire : dans un premier temps, il a confié aux enquêteurs qu’ils “justaient discuté” dans les toilettes. Craignant les résultats d’une expérience ADN, il a alors mentionné un baiser choyé. Mais si les prélèvements effectués au CPVS avaient réellement permis de retrouver l’ADN du classificateur dans la bouche de la jeune femme, ils avaient aussi mis à jour la présence de liquide séminal lui appartenant. Il a ensuite affirmé être arrivé là-bas à cause de la pollution, après une pipe de sa partenaire, suivie d’un baiser. En défense, Me Abdelhadi Amrani a réclamé l’acquittement et appelé “nous à faire attention aux effets du mouvement #balancetonbar”.

La victime a été profondément marquée par ces abus sexuels, qui l’auraient conduit à être hospitalisé en hôpital psychiatrique à deux reprises. La sentence, souligne son avocate Me Caroline Poiré, insiste sur le fait que l’auteur « n’assume pas ses responsabilités et n’a pas encore pris conscience de l’extrême gravité de ses actes. »

En matière civile, les quarantenaires doivent indemniser la victime à hauteur de 8 500 euros. Malgré la durée de la peine, le procureur n’a pas demandé son arrestation immédiate.

A noter que d’autres actes prétendument commis dans “El Café” ont provoqué le mouvement “#balancetonbar” à l’automne dernier : un serveur a fait l’objet d’une enquête pour abus sexuels sur clients. Suite à cette série noire, le restaurant-cafétéria avait communiqué en promettant la mise en place d’une série de mesures préventives.

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