AFP, publié le jeudi 9 juin 2022 à 12h30
Le pouvoir d’achat des ménages français devrait se contracter en moyenne de 0,8% cette année en raison de l’inflation, prévoit l’OFCE, malgré les mesures de soutien déjà déployées ou annoncées par le gouvernement.
Avec une inflation estimée en moyenne à 4,9% par an et une croissance économique allant jusqu’à 2,4%, “cette contraction du pouvoir d’achat va peser sur la dynamique de reprise en raison de la faible dynamique de la consommation des ménages”, a-t-il précisé. Les conditions. qui a publié jeudi ses nouvelles prévisions économiques pour 2022.
Selon l’OFCE, pour s’adapter à cette perte de pouvoir d’achat, les ménages vont encore ralentir leur consommation, qui a déjà reculé de 1,5% au premier trimestre, malgré la forte épargne accumulée par certains ménages pendant le Covid-19 pandémie.
Le taux d’épargne devrait encore atteindre 16,7 % cette année.
“Les ménages continuent d’épargner près de 2 points de plus que par le passé (avant la pandémie, ndlr). Mais face à un choc très fort, l’épargne fait généralement office d’amortisseur”, signifiant que les ménages continuent. Mathieu Plane, directeur adjoint du service d’analyse et de prévision de l’OFCE, a souligné l’intérêt de profiter de ces économies au lieu de les réduire directement.
Cela tient, en premier lieu, au fait que ce sont principalement les ménages aisés qui épargnent depuis 2020 et qui sont moins durement touchés par le choc inflationniste que les ménages à faible revenu, qui n’ont d’autre choix que de limiter leurs dépenses. .
C’est aussi le signe d’une “prudence” des ménages face aux incertitudes géopolitiques, selon M. Avion.
Au total, l’OFCE prévoit que la consommation augmentera de 2,5% en 2022 par rapport à l’année dernière.
Ces prévisions tiennent compte des aides débloquées depuis fin 2021 pour atténuer l’impact de l’inflation sur les ménages, et des promesses d’Emmanuel Macron qui entreraient en vigueur après les législatives (hausse de 4 % des retraites et des allocations sociales, augmentation de la rémunération de bureau estimée à 2% par l’OFCE), chèque alimentation, extension du bouclier tarifaire et remise carburant). L’OFCE table également sur une augmentation salariale de 3,6% cette année.
L’ensemble de ces mesures réduirait la hausse des prix de 2,1 points en 2022, pour une dépense qui représente 1,7 point de PIB, soit environ 40 milliards d’euros.
Concrètement, la revalorisation de 4% des prestations sociales “limitera fortement la perte de pouvoir d’achat” des ménages qui les perçoivent, souligne M. Avion.
En matière d’emploi, l’OFCE prévoit une poursuite de la croissance de l’emploi (+0,6%) cette année, avec 179.000 emplois créés, ce qui stabiliserait le taux de chômage à 7,3%.
Conséquence de ces nouvelles dépenses et d’une croissance en berne : les finances publiques se redresseraient moins que prévu par le gouvernement cette année. L’OFCE prévoit une réduction du déficit de 6,5% à 5,6% (contre les 5% prévus par le gouvernement) et une dette publique ramenée à 112,1% du PIB (après 112,5% l’an dernier).