Le rapport de l’ONUSIDA brosse un tableau inquiétant de la lutte contre le VIH

Publié le : 28/07/2022 – 02:19

Le VIH-SIDA continue de tuer. 650 000 personnes sont mortes en 2021 liées à la maladie. C’est certes moins que 2020, mais encore trop élevé par rapport aux objectifs. C’est ce qu’apprend le rapport annuel de l’ONUSIDA, publié ce mercredi 27 juillet. Un rapport très pessimiste sur l’avenir de la lutte contre la maladie.

” En danger “. Le titre du rapport de l’ONUSIDA donne le ton. Ce sont les progrès réalisés après des décennies de lutte contre l’épidémie de VIH-sida qui sont aujourd’hui menacés. Il est vrai que le nombre de nouvelles contaminations a continué de baisser en 2021, il y en avait 1,5 million, mais cette amélioration est de moins en moins prononcée. Et c’est loin des objectifs.

Il masque également différentes dynamiques mondiales. Si l’épidémie continue de reculer en Afrique subsaharienne, elle progresse ailleurs. L’Europe de l’Est, l’Asie centrale, le Moyen-Orient, le Maghreb, l’Amérique latine sont concernés. Et selon les dernières données de l’ONUSIDA, cela se produit également dans la région la plus peuplée du monde, l’Asie-Pacifique.

L’Afrique reste l’épicentre de la pandémie

Sur près de 40 millions de personnes vivant avec le VIH en 2021, plus de la moitié se trouvent en Afrique. Le continent, notamment au sud et à l’est, reste l’épicentre de la pandémie : un peu moins de 900 000 nouvelles infections y ont été enregistrées l’an dernier. C’est certes une tendance à la baisse mais beaucoup moins marquée qu’auparavant.

Ces chiffres cachent toutefois de grandes différences régionales. L’Afrique australe et orientale confirme ce ralentissement de la dynamique, mais dans le même temps, l’Afrique de l’Ouest et centrale connaît des progrès notables, à l’exception toutefois du Congo qui enregistre l’une des plus fortes augmentations du nombre de nouvelles infections depuis 2015.

Comme chaque année, l’agence onusienne dresse le tableau d’une épidémie de plus en plus discriminatoire, qui touche principalement les femmes et les filles. L’une d’entre elles est polluée toutes les deux minutes dans le monde. En Afrique subsaharienne, par exemple, les deux tiers de la pollution de l’année dernière ont touché des femmes ou des adolescents. Une jeune femme y est deux fois plus susceptible de vivre avec le VIH qu’un homme du même âge.

L’accès au dépistage et au traitement n’est toujours pas aux niveaux attendus. Bref, le tableau est sombre. La raison est connue : le manque chronique de financement. L’ONUSIDA le répète année après année, et il manque aujourd’hui 8 milliards de dollars pour lutter efficacement contre le VIH. Une situation d’autant plus frustrante que nous avons désormais tous les outils qui nous permettraient de vaincre l’épidémie.

L’une des étapes clés du succès est un engagement politique soutenu et soutenu au plus haut niveau pour donner la priorité à la riposte au VIH dans le programme de politique de santé du pays.

Fodé Simaga, directeur du département science, systèmes et services pour l’ensemble de l’ONUSIDA

Simon Rose

La riposte mondiale au VIH est menacée.

Les progrès en matière de prévention ont ralenti, les chocs mondiaux ont exacerbé les risques futurs et les ressources en matière de VIH sont menacées.

Le nouveau Global AIDS Update 2022 met en lumière les actions urgentes nécessaires pour se remettre sur la bonne voie.

– ONUSIDA (@ONUSIDA) 27 juillet 2022

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