LES ACTIONS EUROPÉENNES CROISSENT
PARIS (Reuters) – Les actions européennes ont progressé en milieu de séance lundi à la suite de nouvelles rassurantes selon lesquelles l’activité économique en Chine était revenue à la normale, mais la hausse s’est faite en petits volumes en l’absence d’une majorité d’investisseurs américains, comme le jour était un jour férié aux États-Unis. États.
A Paris, le CAC 40 gagnait 0,68% à 6.559,82 points vers 10h45 GMT, au plus haut depuis le 29 avril. A Londres, le FTSE 100 est en hausse de 0,04% et à Francfort, le Dax est en hausse de 0,67%.
L’indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,8%, le FTSEurofirst 300 de 0,53% et le Stoxx 600 de 0,5%.
Ce dernier, qui a déjà récupéré près de 3% la semaine dernière, retrouve ainsi son meilleur niveau depuis le 5 mai et réduit sa baisse du début du mois à moins de 1%. Cependant, les volumes échangés à midi ne représentent que moins d’un tiers de leur moyenne quotidienne des dernières semaines.
Les investisseurs retrouvent peu à peu leur appétit pour les craintes anti-risque qui ont lourdement pesé sur les évolutions boursières ces dernières semaines, tant en termes d’inflation que de restrictions sanitaires en Chine.
Les autorités de Shanghai ont annoncé que le confinement dans la ville serait levé à 00h00 mercredi matin, une étape clé pour ramener l’activité économique à la normale, adossée à des mesures de soutien exceptionnelles.
Dans le même temps, les anticipations de resserrement de la politique monétaire diminuent après qu’une série d’indicateurs suggèrent que l’inflation pourrait avoir atteint un pic.
“La croissance mondiale ralentit, avec un impact sur les prix des matières premières cycliques, comme les métaux de base. Quant à la hausse des taux de la Fed, les craintes s’estompent. Ainsi, le taux implicite des fonds fédéraux pour septembre 2023 a chuté de 3,40% plus tôt cette mois à 2,90 % aujourd’hui », a déclaré Vincent Chaigneau, responsable de la recherche chez Generali Investments, qui considère toutefois qu’il est encore prématuré d’augmenter l’exposition au risque du portefeuille.
LES VALEURS EN EUROPE
La « réouverture » progressive de l’économie chinoise profite principalement aux valeurs du luxe, pour lesquelles la Chine est un marché clé : à Paris, Hermès, Kering et LVMH ils gagnent entre 3,3 % et 4,2 % tandis que le suisse Richemont gagne 4,53 % et le britannique Burberry 1.47. %.
La plus forte hausse du secteur concerne cependant le compartiment high-tech (+ 2,39 %), qui profite de la perspective d’une poursuite de la hausse du Nasdaq américain.
Par ailleurs, Siemens a gagné 3,12% après avoir obtenu un contrat de 8,1 milliards d’euros pour la construction de liaisons ferroviaires à grande vitesse en Égypte, présenté comme le plus important jamais détenu dans l’histoire du groupe.
A la baisse, l’indice Stoxx des valeurs pétrolières et gazières européennes a chuté de 0,54% après avoir atteint son plus haut niveau depuis octobre 2018 dans la matinée.
Sanofi cède 3,28% après que la Food and Drug Administration (FDA) américaine a reporté le lancement d’un essai pour la commercialisation en vente libre de Cialis, un traitement des troubles de l’érection.
ÉVALUER
Les rendements des obligations d’État de la zone euro ont fortement augmenté après que les principaux chiffres de l’inflation en Espagne et dans plusieurs Länder allemands suggèrent que l’inflation des prix à la consommation est encore loin de ralentir.
En Espagne, le taux d’inflation calculé selon les normes européennes (IPCH) est monté à 8,5% en un an, contre 8,3% le mois dernier. Et dans le Land allemand de Rhénanie du Nord-Westphalie, il s’élève à 8,1 %, un chiffre supérieur aux attentes.
La première estimation pour l’ensemble de l’Allemagne sera publiée à 12h00 GMT et le consensus Reuters l’évalue à 8,0% après 7,8% en avril.
Le rendement du Bund à dix ans est supérieur à huit points de base à 1,062%, et son équivalent français à sept points à 1,574%.
CHANGEMENTS
La hausse des actions européennes et l’évolution des anticipations des marchés sur l’évolution des taux américains continuent de pénaliser le dollar, tendance accentuée par la clôture de Wall Street : l’indice qui mesure les fluctuations du dollar vert par rapport à un panier de référence a baissé de 0,25 % et est revenu au niveau du 25 avril.
Ainsi, le “dollar index” se dirige vers sa première évolution mensuelle négative en cinq mois avec une baisse d’environ 1,5% jusqu’à présent.
L’euro (+0,43%) a également profité des chiffres d’inflation en Allemagne et en Espagne pour confirmer son rendement au-dessus de 1,0750, au plus haut depuis cinq semaines.
PÉTROLE
Le prix du pétrole brut a atteint son plus haut niveau depuis fin mars, poussé par les spéculations sur un accord au sein de l’Union européenne pour interdire les importations de pétrole russe au Conseil, qui s’ouvrira en fin de journée. perspective d’une reprise de la demande chinoise.
Le marché n’attend également aucun changement dans la stratégie de production de l’Opep et de ses alliés – dont la Russie – lors de sa réunion de jeudi.
Le Brent gagne 0,31% à 119,80 dollars le baril et le West Texas Intermediate (WTI) 0,4% à 115,53 dollars.
(Écrit par Marc Angrand, édité par Jean-Michel Bélot)