Le second tour de la législature perturbe le début du quinquennat de Macron

La France est un régime parlementaire. Cette évidence, tirée de la Constitution de 1958, s’exprimera dans les cinq prochaines années avec une ampleur sans précédent sous la Ve République. Dimanche 19 juin, à l’issue du second tour des législatives, les Français n’ont en effet accordé qu’une faible majorité par rapport aux candidats d’Emmanuel Macron, réunis sous la bannière Ensemble !, rayant même de la carte de nombreux pouvoirs têtes d’affiches. plutôt, de Richard Ferrand à Christophe Castaner.

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Un vote sanction inédit pour un président de la République nouvellement élu. Avec 224 députés, selon les premières projections d’Ipsos-Sopra Steria, les macronistes sont bien en deçà de la barre fatidique des 289 élus nécessaires pour obtenir la majorité absolue. Et on ignore encore quelles forces lui permettraient d’y parvenir.

Candidats ensemble ! devant les troupes de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), qui compte 149 députés. Un niveau bas auquel les candidats syndicaux de gauche pouvaient s’attendre, à l’issue du premier tour, si l’on faisait confiance aux instituts de sondage. Mais ce dernier n’a pas pu mesurer à quel point la volatilité électorale devenait la norme.

Une “situation inédite”

A la surprise générale, le Rassemblement national (RN) a en effet envoyé 85 députés au palais Bourbon. Dix fois plus qu’il y a cinq ans. Un “tsunami” a accueilli le président par intérim du RN, Jordan Bardella. La confirmation de la tripartition de la scène politique française entre macronistes, mélenchonistes et lépénistes, mais aussi que le scrutin majoritaire, c’est-à-dire l’obtention de 50 % des voix au second tour, ne représente plus une barrière infranchissable pour le parti d’extrême droite . . De la même manière qu’elle ne protège plus autant qu’avant les forces centrales.

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La dernière fois que le RN a formé un groupe à l’Assemblée nationale, il s’appelait le Front national ; son président était Jean-Marie Le Pen. C’était entre 1986 et 1988. Ses troupes étaient alors trois fois moins nombreuses.

Le parti Les Républicains (LR), qui comptait sur son ancrage local pour survivre au lendemain de la débâcle présidentielle de Valérie Pécresse, a été relégué en quatrième force à l’Assemblée nationale. Elle ne compte que 78 députés, contre 112 lors de la précédente législature. Cependant, leur rôle sera décisif.

Cette configuration obligera en effet la Première ministre, Elisabeth Borne, à trouver des alliés dans chaque texte, réhabilitant de fait un débat parlementaire souvent mis à l’arrêt au cours des cinq années précédentes. Contrairement à la majorité relative qu’avait connue Michel Rocard en 1988, l’article 49-3 de la Constitution – qui permet l’approbation d’un texte sans vote engageant la responsabilité du gouvernement – ne peut désormais être utilisé qu’avec une seule reprise par session parlementaire, sans compter les projets de loi de finances. Cela nous oblige à développer une culture de l’engagement à laquelle Emmanuel Macron n’est pas habitué.

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