Pendant une heure en direct, les quatre nouvelles observations ont été dévoilées une à une : de magnifiques images de nébuleuses illustrant le cycle de vie des étoiles, l’analyse de l’atmosphère d’une exoplanète, et le cliché d’un groupe de galaxies compactes en collision.
“Chaque image est une nouvelle découverte”, a déclaré le chef de la NASA, Bill Nelson, lors de l’inauguration depuis le Goddard Space Center près de Washington, où une foule de responsables et de scientifiques des agences spatiales américaines et européennes s’était réunie pour l’événement. Chacun offre “à l’humanité une vision de l’Univers que nous n’avons jamais vue auparavant”.
Le contenu de ce véritable sac surprise avait jusqu’alors été soigneusement gardé secret pour augmenter le suspense.
Peut-être la plus impressionnante pour ses détails et ses magnifiques contrastes de bleu et d’orange : les images de deux nébuleuses, nuages géants de gaz et de poussière.
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La nébuleuse Carina, située à environ 7 600 années-lumière, illustre la formation d’étoiles. L’instantané montre des centaines d’entre eux qui n’avaient jamais été vus auparavant, mais aussi des galaxies en arrière-plan, et des structures dont on ne sait même pas encore ce qu’elles sont.
La nébuleuse de l’anneau sud est une nébuleuse dite planétaire (bien qu’elle n’ait rien à voir avec les planètes) : c’est un énorme nuage de gaz qui entoure une étoile mourante.
Autre objectif dévoilé : le Quintette de Stephan, un amas de galaxies. Cinq sont visibles au total dans cette image spectaculaire, dont quatre interagissent entre elles, dans une véritable danse gravitationnelle. Deux fusionnent.
Aventure scientifique
Le dernier objet cosmique dont l’observation a été publiée mardi est une exoplanète, c’est-à-dire une planète en orbite autour d’une étoile autre que notre Soleil, l’un des principaux axes de recherche de James Webb.
Il n’a pas été réellement photographié, mais analysé par spectroscopie, une technique utilisée pour déterminer la composition chimique d’un objet distant. Dans ce cas, WASP-96 b, une planète géante composée principalement de gaz.
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L’analyse de la lumière traversant son atmosphère lorsqu’elle passe devant son étoile a révélé la présence d’eau là-bas, a déclaré la NASA. Le prédécesseur de James Webb, le télescope spatial Hubble, a détecté de l’eau dans les atmosphères d’exoplanètes dans le passé, mais l’observation de James Webb est beaucoup plus détaillée.
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Une première image prise par le télescope, qui illustre les temps lointains du cosmos, a été dévoilée lundi, en présence du président américain Joe Biden, qui a salué un moment “historique”.
La photographie, pleine de détails, montre des galaxies formées peu après le Big Bang, il y a plus de 13 milliards d’années.
L’une des principales missions de James Webb, un joyau d’ingénierie d’une valeur de 10 milliards de dollars et le télescope spatial le plus puissant jamais conçu, est, en fait, l’exploration du jeune Univers. Cette première démonstration visait à donner un aperçu de leurs capacités dans ce domaine.
James Webb avait été lancé dans l’espace il y a environ six mois, le jour de Noël, depuis la Guyane française par une fusée Ariane 5. Projetée depuis les années 1990, elle est stationnée à 1,5 million de kilomètres de la Terre.
La publication de ces premières images marque le début de nombreuses années de recherche, destinées à transformer notre compréhension de l’Univers.
Des chercheurs du monde entier ont réservé un temps d’observation à James Webb, dont le programme pour sa première année de fonctionnement a déjà été soigneusement déterminé par un comité de spécialistes et rendu public.
Le télescope a suffisamment de carburant pour fonctionner pendant 20 ans. Environ 20 000 personnes ont travaillé sur ce projet à travers le monde, faisant une grande collaboration internationale.