Législatives 2022 : deux gauches, deux milieux dans le 20e arrondissement de Paris

Une affiche pour Danielle Simonnet, candidate Nupes dans le 15e arrondissement de Paris, le 4 juin 2022. CAMILLE MILLERAND / DIVERGENCE POUR “LE MONDE”

Deux petits milles. Ce mercredi 8 juin, c’est ce qui sépare les deux meetings organisés au même moment par les grands rivaux des législatives dans le 20e arrondissement de Paris. Place de la Réunion, Danielle Simonnet, reconnaissable de loin à sa veste rouge, a organisé une “fête populaire” entourée de personnalités de son parti, La France insoumise (LFI), d’écologistes comme Sandrine Rousseau, de communistes et de trotskystes. A un quart d’heure de là, sa concurrente Lamia El Aaraje a réuni ses amis socialistes dans le studio d’enregistrement Ferber, lieu confidentiel jusqu’au dernier moment par crainte d’éventuels perturbateurs. Au premier rang : la maire de Paris, Anne Hidalgo.

Deux gauches, deux ambiances. Dans le 15e arrondissement de Paris, qui couvre une grande partie du 20e arrondissement, le syndicat a essuyé un revers majeur. Car le peuple aura le choix, le 12 juin, entre deux candidats qui se revendiquent tous les deux « farouchement favorables » à la concentration de la gauche… mais s’y opposent ouvertement. La seule LFI élue par le Conseil de Paris, Danielle Simonnet, a été investie par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Députée pendant huit mois, avant l’annulation de son élection, la socialiste Lamia El Aaraje estime que l’investiture aurait dû lui revenir et a décidé de se présenter malgré tout. Cas unique en France, il a obtenu le soutien officiel du Parti socialiste (PS), bien qu’il fasse partie des Nupes.

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Dans cet arrondissement de l’Est parisien, le premier tour sera donc une sorte de primaires de gauche, avec un représentant du Nupes et un pur sucre socialiste, sans oublier dix autres candidats. Au premier tour de l’élection présidentielle, la gauche a recueilli 61,6% des suffrages dans cette circonscription populaire et stupide. Il y a donc peu de chance que ce morceau de capitale s’échappe vers la gauche. Mais que restait-il ? Tout l’enjeu est là.

La controverse de Corbyn

Danielle Simonnet part favorite. Fidèle à Mélenchon, il possède avec Nupes le sceau le plus fréquenté de cette circonscription qui, le 10 avril, a voté à 47,2 % pour le chef de file de LFI. De plus, il connaît bien le quartier, où depuis des années il accompagne toutes les luttes sociales et transforme les problèmes du quotidien en enjeux politiques, comme les cafards qui pullulent dans certains HLM.

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A travers campagnes et spectacles politiques, il sait aussi parler haut et fort. Il suffit de le regarder dans le redoutable exercice de porte-à-porte. Ce vendredi-là, il entre dans un fast-food de la rue d’Avron et crie à haute voix : « Surtout, n’oubliez pas les élections législatives ! Les 12 et 19 juin, Macron est incarcéré à l’Elysée et Mélenchon est emmené à Matignon. Et ça change tout… » Un client demande : « Vous pensez vraiment que Macron va le nommer ? Et la voilà, résumant la Constitution et transformant le restaurant en assemblée générale pendant deux minutes, comme lorsqu’elle était au collège.

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