Législatives 2022 : majorité relative pour Macron ? Ce qui s’est déjà passé sous la Ve République

POLITIQUE – Emmanuel Macron obtiendra-t-il la majorité absolue à l’Assemblée nationale ? C’est LA question qui se pose avant le second tour des législatives de ce dimanche 19 juin. Depuis 1958, un président a dû composer trois fois avec une assemblée dominée par l’opposition. C’est la coexistence, qui implique la nomination d’un Premier ministre issu du parti majoritaire des députés.

Mais il y a un autre scénario qui n’est ni celui de la majorité absolue, ni celui de la coexistence, c’est la majorité relative. Le parti présidentiel est majoritaire à l’Assemblée nationale, mais n’atteint pas les 289 sièges.

Sous de Gaulle, une majorité relative mais solide

Ce scénario s’est déjà produit deux fois, d’abord sous la présidence de Charles de Gaulle en 1958, puis sous celle de François Mitterrand en 1988. En 1958, l’UNR, le parti gaulliste, s’impose aux élections législatives avec un tiers des sièges à l’Assemblée nationale. Nous sommes loin de la majorité absolue, mais ce n’est pas un problème.

Le CNIP, qui représente la droite modérée, remporte 117 sièges et soutient le projet de de Gaulle, élu par un collège d’électeurs un mois plus tard. A cette époque, le président n’était pas encore élu au suffrage universel direct.

En fait, le Président dispose d’une forte majorité à l’Assemblée. Mais en 1962, la droite modérée désapprouve la réforme de De Gaulle qui instaure l’élection du président au suffrage universel direct. Il passe alors dans l’opposition et adopte une motion de censure contre le gouvernement, qui entraîne la démission du Premier ministre Georges Pompidou.

De Gaulle n’a d’autre choix que de dissoudre l’Assemblée nationale. Mais heureusement pour lui, les gaullistes remportent la majorité absolue des sièges aux législatives quelques mois plus tard.

En 1988, l’acte d’équilibrer le gouvernement

Trente ans après ce premier épisode, c’est François Mitterrand qui vit une majorité relative à l’Assemblée. En 1988, le pays sort de deux ans de coexistence et le Parti socialiste retrouve la majorité à l’Assemblée. Mais avec 275 sièges, ce n’est pas la majorité absolue.

Les cinq années suivantes sont devenues un acte d’équilibre pour les trois premiers ministres de la législature. Pour approuver leurs projets de loi, le gouvernement socialiste doit parfois pencher à gauche pour convaincre les communistes, ou plus à droite avec les centristes.

Mais le compromis n’est pas toujours possible. En cinq ans, Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Bérégovoy ont utilisé 39 fois l’article 49.3, ce qui leur permet de se soustraire à l’Assemblée pour voter un texte.

Mais 49.3 n’est pas sans risque pour un gouvernement sans majorité absolue à l’Assemblée. Dans les 24 heures suivant son utilisation, les députés peuvent déposer une motion de censure à son encontre.

Le gouvernement de Michel Rocard, par exemple, est la cible de cinq motions de censure. Ils sont tous un échec. Mais en 1990, l’un d’eux vient d’échouer, avec seulement cinq voix manquantes.

Depuis 2008, l’utilisation du 49.3 n’est possible qu’une seule fois par session parlementaire et dans le cadre du projet de loi de finances. Elle ne sera donc pas un outil de poids pour Emmanuel Macron et son gouvernement, en cas de majorité relative à l’Assemblée.

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