Emmanuel Macron cherche une solution. Les résultats des élections législatives ont donné une majorité relative à la coalition Ensemble !, qui condamne le président de la République à trouver des alliés aux forces de l’opposition. C’est pourquoi le chef de l’Etat reçoit les forces politiques mardi 21 juin et mercredi 22 juin “dans le but de former un groupe à l’Assemblée nationale”, a annoncé l’Elysée sur franceinfo. Il cherchera “des solutions constructives possibles” avec les chefs de parti.
>> Législatives : privé de sa majorité absolue, Emmanuel Macron cherche des points communs avec les autres partis. Suivez notre direct
Mais les premières déclarations de l’opposition annoncent des négociations compliquées pour Emmanuel Macron. Aucun groupe ne semble disposé à s’allier à un accord gouvernemental, mais l’opposition entend profiter de la situation pour négocier et imposer des questions et des textes juridiques à la majorité.
Le RN est considéré comme la “seule force d’opposition”
“Nous ne sommes pas la béquille d’Emmanuel Macron”, a déclaré à BFMTV Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à la veille du second tour. Avec 89 députés, le RN fait une entrée en force à l’Assemblée nationale et ambitionne “d’incarner la seule force d’opposition à Emmanuel Macron, comme la gauche a appelé à voter Emmanuel Macron” à la présidentielle, précise Jordan Bardella.
De son côté, Marine Le Pen, qui entend quitter définitivement la présidence du RN pour se consacrer au groupe à l’Assemblée, a expliqué depuis Hénin-Beaumont (Pas de Calais) que les députés du RN allaient “se positionner dès leur arrivée à l’Assemblée sur des dossiers clés” comme “la lutte contre l’islamisme” et le référendum d’initiative citoyenne (RIC), avertissant qu’il entend “mettre en oeuvre le blocage de toutes les réformes”…) nuisible “. [du gouvernement]dont la retraite à 65 ans”.
Pour tenter de désactiver une stratégie de blocage systématique du RN, certaines voix majoritaires ont toutefois fait allusion à un possible travail avec le RN dans certains textes. Estimant que les Français ne souhaitent pas un blocage du système, le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, s’est exprimé auprès de BFMTV sur la possibilité pour le RN et la majorité “d’avancer ensemble”, “avec beaucoup de bon sens”. “Le patron de LREM, Stanislas Guerini, a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un accord de gouvernement avec le RN mais d’une négociation avec” tous ceux qui trouveront intérêt à faire avancer des réformes qui soient bonnes pour le pays “.
Les Nupes cherchent une unité pour affronter la majorité
“Je ne crains pas le chaos à l’Assemblée, j’ai peur du chaos dans le pays”, a déclaré mardi Fabien Roussel à RTL. Avec 133 députés*, l’alliance de gauche Nupes est considérée comme la principale force d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron, mais se dit aussi disposée à voter certains textes uniquement s’ils s’inscrivent dans le programme Nupes. “Ce soir je dirai au président de la République qu’il ne doit pas avoir peur du blocus des institutions, a déclaré le communiste Fabien Roussel à RTL. S’il y a une possibilité de relever le salaire minimum demain sur la table du Parlement de 10 à 15 % (…) bon, il y aura une majorité de députés de gauche qui voteront pour cette mesure… »
Mais la gauche ne parle toujours pas d’une seule voix pour le moment. Les premiers signes d’opposition sont rapidement apparus. Jean-Luc Mélenchon a proposé lundi à ses partenaires de former un groupe unique à l’Assemblée nationale pour “rester une alternative solidaire”, mais la proposition a été immédiatement rejetée par le PS, le PCF et les écologistes. “Quatre groupes à l’Assemblée seront plus forts qu’un”, a déclaré le communiste André Chassaigne à franceinfo.
Autre signe que tous les instruments ne sont pas encore accordés à la gauche : le député LFI Eric Coquerel a déclaré à franceinfo qu’Elisabeth Borne ne pouvait plus “rester Premier ministre” faute de “majorité”, assurant que l’opposition de gauche déposera prochainement” une motion de censure ». Mais Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, a précisé que la présentation d’une motion de censure contre le gouvernement “n'[était] ce n’est pas une position commune “de toutes les composantes du Nupes” à ce stade”.
La droite “veut être dans l’opposition”
“Nous sommes opposés au gouvernement et à Emmanuel Macron, et nous sommes toujours dans le coup”, a réitéré lundi Christian Jacob à l’issue du Conseil stratégique républicain. L’alliance de droite (LR-UDI-DVD), qui a remporté 64 sièges dimanche, semble être la force la plus compatible de Macron dans la nouvelle Assemblée, mais le leader de LR refuse d’être une force de soutien pour la nouvelle Assemblée. macronisme.
“Ce n’est pas un pacte, ce n’est pas une coalition, ce n’est pas un accord d’aucune sorte.”
Christian Jacob, patron de LR
Le président républicain ne rejette pas l’attitude d’opposition constructive. Les députés de droite feront donc “une série de propositions” à l’automne sur divers dossiers, selon Christian Jacob, qui a énuméré “le pouvoir d’achat, la sécurité, la santé, l’éducation nationale, l’immigration…”. et-Marne entend maintenir son parti en tête dans un rôle d'”opposition responsable”.
Nous sommes et resterons dans l’opposition : il n’y aura pas de pacte ni de coalition avec Emmanuel Macron. #ForYouDefend pic.twitter.com/PWs7wVjbDB
– Les Républicains #ForYouDefend (@lesRepublicains) 20 juin 2022
Une opposition responsable signifie que LR ne votera pas sur la motion de censure que le Nupes compte présenter en juillet, a déclaré à franceinfo le sénateur Roger Karoutchi. Mais la droite fera tout pour peser dans les débats, et sur chacun des textes, la majorité devra batailler ferme pour convaincre les députés LR de voter. “Nous allons annoncer un certain nombre de positions de principe, a déclaré Roger Karoutchi. En tout cas, nous ne voterons pas sur les textes.”
A droite, cependant, des voix divergentes se font entendre. Le maire de Meaux, Jean-François Copé, a appelé à plusieurs reprises à un pacte gouvernemental à majorité présidentielle. Il a été rejoint mardi par Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne de LR. Ce dernier estime sur franceinfo que son parti peut “être la clé de l’avenir” et réclame la mise en place d’un “pacte social, d’un pacte environnemental et d’un pacte républicain” avec Emmanuel Macron. “Notre parti doit prendre ses responsabilités. Il a rendez-vous avec l’histoire.”
* Franceinfo a effectué plusieurs vérifications et décidé d’intégrer dans les rangs du Nupes deux candidats labellisés plusieurs partis par le ministère de l’Intérieur. Contrairement aux chiffres du ministère, les projections de siège du Nupes comptent donc, dans cette Chambre, les députés Joël Aviragnet et Hervé Saulignac. Toutes nos explications sont à retrouver dans cet article.