La fête est finie. Mais qui sait? Bercés par les illusions du « à tout prix », de l’argent gratuit, de l’endettement indolore, d’une vigoureuse reprise économique qui laissait espérer un avenir radieux, les Français doivent se préparer à un atterrissage difficile.
Depuis quelques mois, les nuages s’accumulent. Les prévisionnistes sont à l’unisson lorsqu’ils révisent les perspectives d’une forte baisse de la croissance, entraînant des recettes budgétaires inférieures aux attentes. L’inflation augmente fortement, dévorant le pouvoir d’achat des plus vulnérables. La Banque centrale européenne (BCE), surprise par la vigueur de la hausse des prix, est invitée à agir. Jeudi 9 juin, l’institution monétaire a annoncé sa première hausse de taux directeur en une décennie, qui prévoyait une soutenabilité de la dette plus compliquée. Mais qui s’en soucie ?
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À aucun moment de cette étrange campagne électorale, les dirigeants politiques n’ont hésité à aborder ce changement. Ils ont agi comme si les hypothèses économiques qui sous-tendaient la campagne présidentielle étaient toujours vraies. Emmanuel Macron et son gouvernement n’ont pas eu un mot pour évoquer le risque d’augmentation de la dette publique, qui dépasse actuellement 110% de la richesse nationale. Ils s’accrochent encore à l’idée que les milliards d’investissements publics nécessités par la transition verte, le nouveau contrat scolaire ou le renflouement de l’hôpital public pourront être financés sans augmenter les impôts, à condition que les Français acceptent de travailler plus dur. Et, jour après jour, ils révèlent des mesures coûteuses visant à préserver le pouvoir d’achat.
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Il est vrai que le gouvernement français peut se targuer d’avoir, par une série de mesures ponctuelles et rapides, mieux contenu la hausse des prix que ses voisins. La plupart de vos annonces sont également calibrées pour éviter une spirale prix-salaires qui alimenterait durablement l’inflation. Mais en n’osant pas insister sur l’état réel de l’économie, se concentrant exclusivement sur le pouvoir d’achat, il donne l’impression d’être électoralement défensif. Le flou persistant entourant son projet impopulaire de réforme des retraites exacerbe encore les troubles.
En face, la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) dirigée par Jean-Luc Mélenchon s’est imposée comme la principale force d’opposition. Son projet économique repose sur la réactivation de la consommation populaire, la taxation des riches et la réduction de la charge de travail. Les 250 milliards d’euros de dépenses supplémentaires prévues chaque année devraient rapporter 267 milliards d’euros aux caisses de l’Etat. Ce chiffre est cependant contesté par la plupart des économistes, qui pointent également deux dangers : une aggravation du déficit commercial due à une augmentation massive des importations et le risque d’une explosion de la dette à un niveau inacceptable pour nos partenaires européens.
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L’indéniable dynamique des Nupes a conduit le chef de l’Etat à se focaliser sur le projet de Jean-Luc Mélenchon, qu’il a qualifié de “désordre et de soumission”. Le durcissement de ses critiques est aussi un aveu de faiblesse. Jusqu’à présent, Emmanuel Macron expliquait que pour accepter son action, les gouvernants devaient s’expliquer. Plus la situation est sombre, plus il est difficile d’assumer l’essentiel de la pédagogie.
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